Ivan Denys: 1926-2021

hqdefaultLe 11 novembre 1940, Ivan Denys, élève à Janson de Sailly en classe de 3e, et qui n’a pas encore quatorze ans, décide de se rendre place de l’Étoile en compagnie d’un certain nombre d’élèves de Janson, bravant l’interdiction de manifester. Il prend la tête de ce petit groupe, et ensemble ils vont se joindre aux « grands » du lycée. Il rentre alors dans la résistance, puis en militantisme, Agrégé de lettres, il revint comme enseignant dans ce même lycée. Il n’eut de cesse de témoigner, écrit un livre: Un lycéen résistant, (Signes et balises, 2013), et intervient , notamment auprès des lycéens (par exemple à Montreuil). Il avait ainsi participé à notre atelier archives et mémoires étudiantes du 30 mars 2011 que l’on peut visionner. Nous étions présents à ses obsèques au Père Lachaise le 26 août 2021. Nous publions ici un texte d’Alain Monchablon. Continue reading ‘Ivan Denys: 1926-2021’

Séminaires, journées, recherches et mémoires étudiantes. Des vidéos pour votre été

Sans titreVoici l’été, des moments de vacances, avec un peu plus de temps libre qui vous permettra de (re)voir sur la chaîne Youtube de la Cité des mémoires étudiantes les vidéos des initiatives, séminaires, journées tenues en 2020/2021 et même quelques anciennes « pépites » de 2000, 2001 et 2007. En attendant la rentrée où la Cité présentera ses éclats d’archives orales et audiovisuelles.

Et d’abord, une présentation de la chaîne Youtube de la Cité des mémoires étudiantes, par Ioanna Kasapi et Jean-Philippe Legois Continue reading ‘Séminaires, journées, recherches et mémoires étudiantes. Des vidéos pour votre été’

Décès de Mohammed Harbi (1933-2026) : mémoires filmés. Entretien 4, « étudier et militer à Paris »


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Paul Bouchet et Mohammed Harbi, Paris, 18 mai 2014, photo R. Morder/Cité

Mohammed Harbi est décédé ce 1er janvier 2026, à l’âge de 92 ans. Historien de l’indépendance et de la lutte de libération algérienne, partisan de la démocratie et de l’autogestion, il a également contribué à l’histoire du mouvement étudiant algérien en tant qu’acteur et en tant qu’historien, et nous a fourni beaucoup d’éléments et ouvert des archives pour approfondir nos connaissances d’abord dans son livre Une vie debout (voir note), au colloque de 1995 « 50 ans de syndicalisme étudiant » avec une contribution publiée dans Naissance d’un syndicalisme étudiant (ed. Syllepse) en 2006, reprise dans notre dossier Algérie des Cahiers du Germe n°30 de 2012 (p. 64 et s.), puis avec ses « Mémoires filmés » que nous avions annoncé à leur sortie (voir ci-dessous). Toutes nos pensées et amitiés à sa famille, ses amis, ses camarades. 

Viennent d’être mis en ligne en 23 entretiens les « mémoires filmés »de Mohammed Harbi  (réalisation Bernard Richard et Robi Morder, sur une idée de Claude Kowal). Mohammed Harbi s’engage jeune pour l’indépendance, et sera un des dirigeants étudiants algériens en France avant la création de l’UGEMA, ce dont il témoigne dans cet n° 4 : « ÉTUDIER ET MILITER A PARIS » (vidéo), dont voici un descriptif sommaire.

MILIEU ÉTUDIANT ET MILITANTISME Arrivée de M. Harbi à Paris en 1952. Le baccalauréat puis l’Université. Socialisation et apprentissage de l’autonomie. Effervescence anticoloniale : les organisations étudiantes nord-africaines (Tunisie, Maroc) et africaines (FEANF), le Comité anticolonialiste dirigé par le PCF. Lutte pour la direction de l’AEMAN, dont M. Harbi deviendra un des responsables. Une population étudiante pauvre dont la majorité est hors du MTLD, mais qui afflue dans les organisations étudiantes. Le débat UGEA ou UGEMA.

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Les étudiant·e·s et les sports dans le monde du 19e siècle à nos jours. Appel à contribution/Call for papers

Paris 47 - 062

Équipe tchécoslovaque, Arc de Triomphe, Paris, Jeux universitaires de 1947. Archives de la FISU

Students and sports in the world from the 19th century to the present day: Actors, institutions, practices

Paris, 16 novembre 2021 – Lausanne, 1er juin 2022

L’Institut des sciences du sport de l’Université de Lausanne (ISSUL), le GERME (Groupe d’études et de recherche sur les mouvements étudiants) et la Cité des mémoires étudiantes lancent un appel à communication pour une double journée d’études internationale consacrée à l’histoire des étudiant·es et du sport. La première se tiendra à Paris le mardi 16 novembre 2021, juste avant la 13e Journée « Archives, recherches et mémoires étudiantes » organisée par la Cité des mémoires étudiantes & le GERME (chaque 17 novembre, journée internationale de l’étudiant·e). La seconde aura lieu à l’Université de Lausanne le mercredi 1er juin 2022, soit le jour anniversaire de la création de la FISU qui a dorénavant son siège dans le même bâtiment que l’ISSUL.

APPEL A COMMUNICATION (Date limite: 15 juillet 2021) :

FRANCAIS / ENGLISH BELOW PDF téléchargeable

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A propos de la Commune de Paris et des étudiants (2)

Image2Les étudiants pendant la Commune n’ont guère été étudiés, pas davantage semble-t-il que l’Université elle-même dont on sait peu de choses sur la période. L’étude de Jean Claude Caron sur la « génération romantique » s’arrête en 1851[1], tandis que celle de Pierre Moulinier commence en 1881[2]. Les lignes qui suivent sont donc une modeste ébauche d’une recherche à mener.

Déjà peu nombreux, les étudiants quittèrent pour beaucoup la capitale lors du siège, ce qui explique la notation ironique d’un bourgeois de Paris sur « dans le Quartier latin les veuves non inconsolables de messieurs les étudiants repartis en province.[3] »

Au lendemain du 18 mars, on trouve des étudiants parmi les tentatives de conciliation avec Versailles. C’est ce que note le bourgeois de Paris, reprenant en 1895 ses souvenirs d’époque : Continue reading ‘A propos de la Commune de Paris et des étudiants (2)’

A propos de la Commune de Paris et des étudiants (1)

Souvenirs-d-un-etudiant-pauvreA Liège, en Belgique, du 29 octobre au 1er novembre 1865, quelque 1400 étudiants  d’Europe (dont 170 « anciens ») sont réunis. L’initiative en revient aux étudiants de Liège, groupés en Association générale, qui en assurent seuls l’organisation. Le but est de lancer un échange d’informations sur l’état du système d’enseignement dans les pays européens, en mettant l’accent sur l’enseignement supérieur, et d’en tirer une série de réformes à proposer. Il s’agit de donner pour la première fois la parole au « corps enseigné » et d’ouvrir la voie à une démocratisation (le mot n’est pas employé) de l’enseignement.

Les actes du congrès ont été publiés,  une étude lui a été consacrée[1]. On se bornera ici à la participation des étudiants français à ces journées.

Si les Belges, et d’abord les Liégeois formèrent le gros du congrès, les Français furent les plus nombreux des étudiants étrangers Continue reading ‘A propos de la Commune de Paris et des étudiants (1)’

Résultats électoraux 1971-2019, effectifs syndicaux

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Il n’est pas inutile, en ces temps où les syndicats  sont sous les feux de l’actualité, de mettre à la disposition des chercheurs, mais aussi des journalistes et des actrices et acteurs des mouvements étudiants, des données sourcées. Cela est particulièrement utile dans un moment où sur les plateaux médiatiques beaucoup parlent sans connaître, ni même chercher.

Voici l’annexe sur les résultats électoraux aux CNOUS et CNESER 1971-2019 que nous avons publiés dans Démocratie et citoyennetés étudiantes depuis 1968, Syllepse, 2020 (à noter une erreur et un oubli: en 2000 il n’y a pas eu de liste commune UNEF-UNEF ID pour le Crous et il manque le CNOUS de 1981, 4 pour chacune des UNEF, 1 CELF et 1 indépendants ), et un lien vers un article consacré aux effectifs d’adhésion aux syndicats. Et toutes ces thématiques sont également développées dans Institution universitaire et mouvements étudiants: entre intégration et rupture? (Harmattan 2020).

1940: le 5 place Saint-Michel et la résistance étudiante

L'oeuvre 1940 place st michelGibert Jeune va fermer ses magasins de la place Saint-Michel à Paris, dont celui du n°5, où la librairie s’était installée en 1971. Or, cette adresse est liée à l’histoire du mouvement étudiant, c’est là que sur la ronéo de l’UNEF est tiré le tract appelant les étudiants à manifester à l’Etoile le 11 novembre 1940 .  Faisons un retour quelques mois auparavant. Le Comité supérieur des œuvres créée en 1936, est à l’étroit dans ses locaux pour toutes les œuvres qu’il doit accueillir. Durant l’année universitaire 1938-1939, c’est au 5 place Saint-Michel qu’un bureau annexe est aménagé pour le secrétariat parisien de l’OTU (Office du tourisme universitaire), le Bureau d’accueil des étudiants étrangers et le CLOSSU (Centre local de l’office du sport scolaire et universitaire). Les œuvres, dont le COPAR (Comité parisien des œuvres, devenu ultérieurement le CROUS de Paris), se retrouvent ainsi dans des locaux dispersés. En 1940 l’UNEF  s’installe.Place Saint-Michel …/…

Illustration :Paris-Soir du 25 août 1940 (BNF/Gallica). Cliquer sur l’image pour agrandir. Continue reading ‘1940: le 5 place Saint-Michel et la résistance étudiante’

Il y a 60 ans: la création de la FNEF

LA FRANCE ETUDIANTE N 2Montpellier : mars 1961, l’Office de médecine de l’UNEF se constitue en UNEM, premier pas vers la scission de l’UNEF et la création de la FNEF en juin 1961

Le 30 juin 1961, à Montpellier est créée une nouvelle organisation étudiante à vocation représentative, la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF). Jusque là une seule organisation, l’UNEF prétendait depuis sa fondation en 1907  à cette représentativité. La nouvelle organisation est à bien des égards fille d’un contexte particulier, celui de la guerre d’Algérie finissante, et aura du mal à survivre  à la nouvelle conjoncture, voire à s’adapter à la nouvelle situation créée par mai 1968 à l’Université.

La France étudiante, journal de la FNEF, n° 2, janvier 1961, après le 1er congrès (décembre 1961), cme-u.fr

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Il y a 50 ans la scission de l’UNEF (3)

Deus une pour deux 59e congres23 février – 5 mars 1971: deux congrès, deux villes, deux dates, deux UNEF

Les deux congrès se tiennent à 15 jours d’intervalle, bien qu’à l’origine la même date avait été retenue. Le 21 février 1971 à Dijon, s’ouvre le 59e congrès de l’UNEF organisé par la délégation permanente. Environ un millier d’étudiants, majoritairement de l’AJS selon Le Monde, y participent, L’Humanité sans donner de précisions sur les travaux et le nombre de présents, qualifie la réunion de « concile trotskyste de Dijon », Konopnicki de « mascarade illégale »[1]. La tendance UID (voir chapitre 2) qui avait été déclarée par des étudiants socialistes au collectif national du 24 janvier paraît finalement absente. Il est vrai qu’ils avaient dans leur déclaration que si deux congrès avaient lieu, ils ne participeraient ni à l’un, ni à l’autre. La préoccupation est que l’UNEF puisse « redevenir la maison de tous les étudiants ». Michel Sérac est élu président, il annonce qu’il se rendra à la mutualité. Du côté renouveau qui avait prévu de tenir le congrès à la faculté d’Orsay, la disponibilité de locaux adaptés avait amené à un changement de lieu et à un report de deux semaines. Le grand amphi de la Sorbonne n’étant pas libre pour trois jours, c’est la salle de la mutualité qui accueille le congrès le 5 mars 1971. Michel Sérac se présente en tant que « président de l’UNEF » des 9 h 30, mais l’accès lui est refusé puisqu’il n’est pas délégué de base. Finalement, une heure plus tard, il lui est indiqué qu’il peut s’exprimer devant le congrès, non en tant que président, mais membre de la commission de contrôle de l’UNEF, ladite commission étant encore légitime et légale puisqu’il n’y a pas encore eu de désignation de nouvelles instances. Le vendredi soir un grand rassemblement se tient dans une cour de la Sorbonne pleine. Continue reading ‘Il y a 50 ans la scission de l’UNEF (3)’