« Carnets d’une étudiante dans Paris occupé (1940-1943) », 3, à Saint-Joseph (extraits)

St Joseph 4

Bâtiments et chapelle de l’hôpital Saint-Joseph. Photo; Coll. CME

Jacqueline Loriod, Carnets d’une étudiante dans Paris occupé (1940-1943), coll. Germe, éditions Syllepse, vient de sortir en librairie (324 p – 20 €). Fiche de présentation à télécharger et à diffuser largement.

Après avoir présente sur notre site un premier extrait des Carnets, puis le récit contemporain que fait Jacqueline Loriod autour de la manifestation du 11 novembre 1940 à laquelle elle participe, voici des extraits de la partie consacrée à ses études d’élève infirmière à l’hôpital Saint-Joseph.

Jacqueline vient de quitter, bien à regret, le Quartier latin, les bancs de la Sorbonne et sa chère bibliothèque. Elle est entrée comme pensionnaire à l’école d’infirmières de l’hôpital Saint-Joseph de Paris. Elle redoute de devoir supporter un climat catholique trop pesant  : en effet, elle va se débattre pendant des mois avec des règles rigides et des questions métaphysiques restées sans réponses. Et puis, elle va devoir supporter des comportements de médecins et de soignants qu’elle réprouve.
Elle occupe, une petite chambre d’étudiante  : au début de son pensionnat, elle souffre terriblement de solitude, mais comme elle bénéficie pour la première fois de sa vie d’une chambre à soi, elle finira par aimer son havre de paix.
Son emploi du temps est partagé entre des cours théoriques (anatomie, médecine, obstétrique, hygiène, morale professionnelle et morale religieuse) et des journées de stages dans différents services de l’hôpital Saint-Joseph (service social, chirurgie, médecine enfants, service des contagieux, ophtalmologie) et à la maternité de l’hôpital Boucicaut dans le 15e arrondissement. Continue reading ‘« Carnets d’une étudiante dans Paris occupé (1940-1943) », 3, à Saint-Joseph (extraits)’

Ukraine : les étudiants protestent contre la fermeture de l’Académie de l’imprimerie à Lviv.

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Sur la photographie (coll. Syllepse), Manifestation du 12 novembre à Lviv, on peut lire sur les pancartes « la logique du marché tue l’éducation »; « Tout est fait pour l’argent », « je vais (au sens de « je veux ») étudier à l’UDA (c’est l’Académie) » etc.

Le ministère de l’Éducation et des Sciences de l’Ukraine a ordonné la fermeture de l’Académie ukrainienne de l’imprimerie à l’Université nationale Ivan Franko à Lviv. Les organisations étudiantes et du personnel indiquent que cette mesure  a été prise  sans consultation. Bien avant février 2022, c’est en mai 2021 qie la Banque mondiale a approuvé un prêt d’un montant de 200 millions de dollars pour l’audit des universités ukrainiennes en vue de leur fusion ou de leur fermeture, qui aboutit à une réforme touchant les 150 plus grandes universités d’État pour les réduire à 80 établissements d’enseignement supérieur. Les étudiant.es et le personnel de l’Académie ont manifesté  le 12 novembre. Déjà en décembre dernier, c’est  l’Université nationale de construction et d’architecture de Kharkiv qui a connu une mobilisation  contre la fermeture de leur université.. En France, les éditions Syllepse, éditrices de la collection Germe, ont communiqué leur soutien. Patrick Le Tréhondat nous a transmis ce document que nous publions.
Continue reading ‘Ukraine : les étudiants protestent contre la fermeture de l’Académie de l’imprimerie à Lviv.’

Vient de paraître, Les Cahiers du Germe n° 34

cdg 34Vient de paraître, Les Cahiers du Germe n° 34, 2022.112 pages – 10 €.

Avec notamment:

Dossier Une UNEF peut en cacher une autre : l’UNEF (1971-2001)

Jacqueline Loriod, Carnets d’une étudiante dans Paris occupé, bonnes feuilles

AU SOMMAIRE

Editorial : I. Kasapi et R. Morder (voir ci-après)

Vie de la recherche, du Germe, des archives et de la Cité

Séminaires, colloques, expositions, congrès, vidéos de 2021/2022

Prosopographie, dictionnaire biographique

R. Morder. « Alain Krivine,1941 – 2022 »

J-P. Legois. « Marc Kravetz, 1942 – 2022 »

Archives

I.Kasapi & J-P. Legois. « Retour aux sources de la Cité des mémoires étudiantes :
un pas décisif de plus vers des archives pour la recherche ! » Continue reading ‘Vient de paraître, Les Cahiers du Germe n° 34’

Marc Kravetz, 1942-2022

7-700x441Marc Kravetz, né le 2 octobre 1942, à la clinique de Neuilly-sur-Seine, et mort le 28 octobre 2022, à Paris, est issu d’une famille juive de la banlieue ouvrière (et rouge) de la capitale.  Son père, secrétaire de mairie du Blanc-Mesnil, est entré au Parti communiste en 1932 et sa mère travaille comme employée de mairie à Levallois-Perret[1].

Photo: mai 1966, en Chine, debout de gauche à droite,  Rostain, un jeune chinois traducteur, Peninou , Kravetz, Hocquard et un « élu »  étudiant permanent depuis au moins 10/15 ans. voir plus sur aaunef.fr. Coll. J-J. Hocquard.

Passé par l’ École normale d’instituteurs de Versailles, entré à l’École normale supérieure de Saint-Cloud en 1961, il s’engage dans le Front universitaire antifasciste (FUA), où milite aussi son ami Jean-Louis Péninou, qui l’accompagne en Algérie à l’été 1962 pour travailler comme enseignant volontaire et avec qui il fait ses premières armes dans les réunions, débats et comités de rédaction de La Voie communiste, Continue reading ‘Marc Kravetz, 1942-2022’

Le 11 novembre 1940 de Jacqueline Loriod: un carnet et un tract

tract et carnet 11 11 40Jacqueline Loriod, Carnets d’une étudiante dans Paris occupé (1940-1943), coll. Germe, éditions Syllepse, en librairie le 24 novembre.

Après avoir présente sur notre site un premier extrait des Carnets, voici le récit contemporain que fait Jacqueline Loriod autourde la manifestation du 11 novembre 1940 auquel elle participe. La comparaison entre les carnets et le tract conservé à La contemporaine est ce qui a amené Catherine Boileau, fille de Jacqueline Loriod, à entrer en contact avec Alain Monchablon et Robi Morder, puis à engager le Germe, la Cité des mémoires étudiantes et les éditions Syllepse dans l’aventure de la publication et de la valorisation de ces carnets.

Jeudi 7 novembre

À la Sorbonne, pendant les cours, à la bibliothèque, des petits papiers : «Vaquez tous le 11 novembre», «Portez un crêpe visible», «Pas de collaboration.», «Vive la France», etc. Continue reading ‘Le 11 novembre 1940 de Jacqueline Loriod: un carnet et un tract’

Exposition « 100 ans de représentation étudiante » (RU Mabillon, du 24 octobre au 10 novembre 2022)

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« Femme, Vie, Liberté » : Iran, un mouvement qui vient de loin.

masha aminiLes mobilisations dans la jeunesse scolarisée iranienne, dont les femmes étudiantes et lycéennes sont en première ligne, ont commencé en réaction à l’assassinat d’une jeune étudiante, Mahsa Amini, et continuent autour de revendications communes : contre le port du voile obligatoire et la police des mœurs, pour la fin de la répression, sous le slogan de « Femme, Vie, Liberté ». Cette mise en mouvement, sa puissance numérique, est évidemment à mettre en relation avec le poids numérique du monde étudiant et lycéen (et des femmes en leur sein) ainsi qu’avec les mouvements précédents. En voici quelques éléments.

Étudiantes et étudiants en Iran

L’Iran compte près de 5 millions d’étudiantes et d’étudiants (chiffres 2016) pour 89 millions d’habitants (données 2020). 48% des étudiants sont des étudiantes. Continue reading ‘« Femme, Vie, Liberté » : Iran, un mouvement qui vient de loin.’

Jacqueline Loriod, « Carnets d’une étudiante dans Paris occupé (1940-1943) »

Resized_20201123_083316Carnets d’une étudiante dans Paris occupé (1940-1943) Syllepse, col. Germe, novembre 2022

Avant le décès de Jacqueline Loriod en 2017 des carnets tenus de 1940 à 1943, ont été découverts par ses enfants. Ils mêlent l’histoire personnelle, familiale avec celle de la guerre et de la Résistance. Ils décidèrent de faire une édition privée à destination restreinte de la famille.C’est dans ces conditions que nous avons fait la connaissance de Catherine Oguse-Boileau, fille de Jacqueline Loriod. Elle avait pris contact avec le Germe afin d’avoir nos éclairage et avis sur des éléments historiques; La lecture des carnets qui nous a amenés à considérer indispensable leur publication auprès d’un lectorat plus ample. En effet, nous disposons ainsi d’un document authentique, rédigé au jour le jour, au moment où se fait l’histoire. L’histoire est aussi faite d’épaisseur humaine, et nous sommes bien lotis avec la formulation des projets, des rêves, des émotions, des pensées, des actions – pas toutes, clandestinité de l’action résistante oblige – de cette jeune fille qui a 18 ans quand la guerre et l’occupation commencent. Nous sommes heureux de cette rencontre entre une actrice, sa famille, un document, la recherche, qui nous permet la publication dans la collection Germe des éditions Syllepse de ces carnets, avec une préface d’Alain Monchablon et Robi Morder et des annotations qui viennent s’ajouter à celles établies par Catherine Oguse-Boileau, fille de Jacqueline Loriod. En voici déjà quelques bonnes feuilles des premières pages, au moment où Jacqueline Loriod entre en Sorbonne en 1940. Continue reading ‘Jacqueline Loriod, « Carnets d’une étudiante dans Paris occupé (1940-1943) »’

Syndicalisme étudiant en Ukraine: entretien avec Katya et Maxim

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Cortège d’Action directe, marche du 8 novembre 2008

« Il nous faut reconstruire en Ukraine un syndicat étudiant de gauche ». Entretien avec Katya et Maxim étudiants ukrainiens. Propos recueillis par Patrick Le Tréhondat, publiés dans le dossier « Etudiant-es ukrainien-nes face à la guerre » par Soutien à l’Ukraine résistante n° 10, juillet 2022. Avec l’aimable autorisation des éditions Syllepse.

Katya et Maxim, vous êtes étudiants à Lviv. Katya à l’Académie des Arts et Maxim en informatique. Dans l’appel à la solidarité avec les étudiants ukrainiens que vous avez lancé, vous évoquez le problème du logement des étudiants. À cause de la guerre, les étudiants n’occupent plus leur logement et ils doivent le payer. Pouvez-vous nous donner des exemples ?

Katya : En Ukraine, les étudiants peuvent vivre dans des dortoirs d’État à proximité de leur université. Les frais de logement sont relativement faibles (150 à 300 euros pour six mois), mais même en temps de paix,t leur coût était insupportable pour les étudiants qui ne recevaient pas plus de 50 euros de bourse par mois. La plupart des résidents des dortoirs venaient généralement de l’est de l’Ukraine où leurs familles vivaient dans les territoires occupés. Continue reading ‘Syndicalisme étudiant en Ukraine: entretien avec Katya et Maxim’

Face à la guerre d’Algérie: mobilisations antagoniques étudiantes à Paris

EDF novembre 1960Communication d’Alain Monchablon,  « Étudiants : des mobilisations antagoniques ».pour la journée d’étude du Comité d’histoire de la Ville de Paris Petit Palais – Musée des beaux-arts de la Ville de Paris? « Se mobiliser à Paris pendant la guerre d’Algérie », du 22 juin 2022.

Durant la période de la guerre d’Algérie le milieu étudiant reste caractérisé par la faiblesse de ses effectifs : 139000 inscrits dans les universités en 1954-1955, 211000 en 1961-1962 ; de ce fait il dispose également d’une certaine homogénéité sociale comme géographique, les bâtiments universitaires étant encore concentrés dans les centre-ville. Tous facteurs qui facilitent d’éventuelles mobilisations. En outre le milieu est en grande partie structuré par une organisation à vocation syndicale et dotée d’un monopole représentatif de fait, l’UNEF présente par ses associations générales dans l’ensemble des villes universitaires. Au cours de la période un étudiant sur deux est adhérent à l’UNEF ; paradoxalement c’est à Paris que le pourcentage est le plus faible. Continue reading ‘Face à la guerre d’Algérie: mobilisations antagoniques étudiantes à Paris’