Communication présentée aux 10e JME (Jornadas de Estudio y Reflexión sobre Movimientos Estudiantiles, 7 et 8 août 2025, Universidad Nacional de Quilmes (Argentine) le 8 août 2025
En règle générale la jeunesse est en première ligne dans une guerre, c’est l’âge du service militaire, les jeunes sont les premiers mobilisés. Les étudiants peuvent y échapper, provisoirement, par le sursis pour études : c’est le cas en Ukraine comme en Russie, au moins dans la loi.
L’invasion russe de février 2022 a suscité dans les universités ukrainiennes comme dans la société, un élan de défense nationale. Mais la guerre n’a pas mis fin aux critiques contre les politiques libérales du gouvernement ukrainien, visibles en matière d’éducation. C’est dans ces conditions que – hors de l’UAS, organisation quasi « officielle », Priama Diia est née – en réalité refondée – en février 2023 comme syndicat étudiant de gauche, luttant sur deux fronts
(Photo: 18 août 2025, l’Université d’État de Sumy bombardée 6 bâtiments endommagés ou complètement détruits.)
: d’une part, contre l’agression – caractérisée d’impérialiste et colonialiste (une partie des universités dans les territoires occupés a été russifiée) – et d’autre part pour la défense des revendications étudiantes contre le gouvernement Zelenski (contrôle étudiant, conditions d’études correctes, dortoirs, contre la corruption, défense des droits démocratiques, des femmes, des LGBT, contre l’extrême-droite, etc. ).
Il s’agit ici surtout de donner des éléments d’informations, à partir de documents officiels (statistiques, législation), de sources émanant des acteurs (sites web, chaines telegram, documents internes, entretiens) et de la presse[1]. À ma connaissance il n’y a pas eu d’articles de recherche, ce qui est compréhensible s’agissant d’évènements contemporains concernant une guerre en cours où un certain nombre de données et d’archives sont non accessibles. Je me suis surtout attaché à décrire la situation ukrainienne, même si j’évoque des parallèles avec la situation Russe, qu’il faudra développer ultérieurement.
PLAN
- I/ SYSTEME ET STRUCTURE
- Le système d’enseignement supérieur en Ukraine, héritage soviétique et libéralisme économique combinés.
- Réalités statistiques et effets de la guerre, la baisse du nombre d’étudiants, les conditions matérielles de vie des étudiants, la russification des universités dans les territoires annexés/occupés.
- II/ UN MOUVEMENT ÉTUDIANT MARQUE PAR LA POLITIQUE (INDÉPENDANCE NATIONALE) AUTANT QUE PAR LES REVENDICATIONS CORPORATIVES
- Du premier 20e siècle aux structures d’auto-gouvernement institutionnelles, puis à l’émergence d’un syndicalisme étudiant au 21e siècle.
- A Le mouvement étudiant ukrainien, le précédent de l’entre-deux-guerres,.
- B L’UAS et les organisations « traditionnelles »
- C Priama Diia, les trois vies d’un syndicat
- Mobilisations : du corporatif à l’intervention politique
- CONCLUSION (PROVISOIRE) : LUTTER DANS LA GUERRE, LUTTER CONTRE LA GUERRE
I/ SYSTEME ET STRUCTURE
Le système d’enseignement supérieur en Ukraine, héritage soviétique et libéralisme économique combinés
Le système d’enseignement supérieur en Ukraine présente des aspects hérités de la période soviétique, ce qui est le cas aussi de la Russie. Dans les deux pays également, après 1990, on a connu une adaptation aux lois du capitalisme neo-libéral et l’adoption de normes compatibles avec les systèmes universitaires internationaux, notamment européens. Dans les deux pays, il y a trois niveaux : un premier cycle de 4 ans, un deuxième de deux ans menant au « magister » ou « master », et enfin plusieurs années menant à un doctorat.
En Ukraine aujourd’hui, après un baccalauréat (dit « junior »), l’étudiant suit durant 4 ans un premier niveau (licence)[2], s’ensuit un cycle de deux ans débouchant sur un master. L’obtention d’un diplôme de l’enseignement supérieur à chaque niveau de l’enseignement supérieur suppose la réussite par la personne concernée du programme éducatif (professionnel ou scientifique) ou scientifique correspondant, qui constitue la base pour l’octroi du diplôme de l’enseignement supérieur correspondant. Après le master, les étudiants peuvent obtenir un premier doctorat (« doctorat en philosophie »), puis un second doctorat, le « doctorat en sciences », avec une thèse soutenue devant un conseil scientifique spécialisé d’un établissement d’enseignement supérieur ou d’une institution scientifique.
Les universités ukrainiennes offrent plusieurs options de formation: à plein temps, par correspondance, à distance et mixte. Même si l’enseignement à distance progresse, la majorité des étudiants le sont à plein temps. C’est dans cette catégorie que des bourses sont attribuées, selon les cas sur critères sociaux ou sur critères universitaires (en fonction des résultats, et d’ailleurs il y a des bourses augmentées pour les « excellents étudiants »).
Les établissements d’enseignement supérieur peuvent être publics (620), municipaux (41) ou privés (138).
Par rapport à la baisse de la démographie ukrainienne, le pays est passé de plus de 45 millions d’habitants en 2010 à 41 millions en 2021 (-10% environ), la baisse des effectifs étudiants a été encore plus importante avec une baisse de plus de 40%, passant de 2,5 millions en 2010/2011 à 1,4 millions en 2021/2022[3]. De 5,5% de la population en 2011, les étudiants n’en constituaient plus que 3,4% en dix ans plus tard. Paradoxalement, alors que la guerre a causé un exode massif – l’Ukraine est descendue à 33 millions d’habitants en 2023[4] – le nombre d’étudiants a augmenté, atteignant 1,5 millions, soit 4,5% de la population. Par comparaison, en 2023, les 4 millions d’étudiants en Russie constituent 2,79% de la population repartis dans 740 établissements publics ou privés.
En Ukraine, les étudiants se répartissent ainsi pour 2023/2024 : 367416 en cycle court, 770874 en licence, 360381 en master et 46253 en doctorat.
Dans les deux pays, les étudiants disposent de deux types de places à l’université : des places subventionnées, « budgétaires », c’est-à-dire prévues par le budget de l’État qui en définit le nombre par université, niveau ou par filière, héritage de la planification, et des places payantes aux frais des familles, ou des étudiants, contraints d’avoir un travail rémunérateur. En Ukraine, la répartition des places sur budget par disciplines et par établissements relève de la prérogative du ministère de l’Enseignement supérieur. Les étudiants qui étudient aux frais de l’État reçoivent une bourse standard si leur note moyenne aux examens de fin de trimestre et au test est d’au moins 4 (système de notation à 5 points) ; cette règle peut être différente dans certaines universités. Dans le cas où toutes les notes sont les plus élevées (5), la bourse est augmentée de 25 %. Pour la plupart des étudiants, le niveau de subvention gouvernementale n’est pas suffisant pour couvrir leurs frais de subsistance de base. Une réforme en 2024 visait à réduire la proportion des places budgétaires poussant ainsi les étudiants à chercher du travail ou à emprunter aux banques, et obligeant les universités à augmenter le recrutement payant et à chercher des financements privés[5].
Du côté russe, selon les données du ministère de l’Éducation et des Sciences, 52 % suivent des études payantes. Le 20 mai 2025, la Douma d’État a adopté une loi régulant le volume de l’enseignement payant dans les universités. En juin, le ministère de l’Éducation et des Sciences a annoncé qu’il commencerait à réduire les places payantes dans les universités russes en droit et en gestion, moyen de réduire l’autonomie des universités et de favoriser les filières les plus intéressantes pour l’État, notamment liées à l’industrie militaire, à l’informatique. Selon une enquête 39% des parents envisagent uniquement des places gratuites dans les universités pour leurs enfants, 48% sont prêts à payer s’ils ne peuvent pas obtenir une place gratuite, 9% optent directement pour un enseignement payant[6].
À la rentrée 2025, 904 000 personnes ont été admises à l’université selon le ministre de l’Éducation et des Sciences Valery Falkov, plus de 440 000 ont été admises dans des établissements publics et 464 000 dans des établissements privés, et les universités ont pourvu près de 100 % des places disponibles[7]. Un quota est réservé aux participants à la guerre contre l’Ukraine et à leurs proches, ce qui a permis à 28 700 personnes d’être admises : « C’est 12 000 de plus que l’année dernière. Il est important que les étudiants de cette catégorie bénéficient dès le début du soutien et de l’attention nécessaires à la réussite de leurs études. Et c’est précisément ce à quoi nous encourageons les universités », a déclaré le ministre Falkov[8].
Les effets de la guerre
À la différence de l’Ukraine, qui depuis le début de la guerre a vu partir la quasi-totalité des étudiants étrangers rentrés chez eux, la Russie continue à en accueillir environ 300 000, mais le recrutement occidental s’est tari, l’effort est désormais en direction de l’Afrique, l’Asie, et un peu l’Amérique latine[9]. Toute une série de mesures attractives (places « budgétaires », bourses) sont mises en place, allant jusqu’à la facilitation de l’obtention du passeport russe pour celles et ceux qui étudient dans des spécialités stratégiques : informatique, ingénieurs et techniciens utiles dans le domaine militaire. Le 12 septembre 2025, M. Shevtsov, directeur adjoint de Rossotrudnichestvo, a précisé : « Les chiffres varient quant au nombre d’étudiants étrangers que nous avons actuellement […]. Selon nos estimations et les chiffres dont dispose le ministère de l’Éducation, il y aurait entre 320 000 et 340 000 étudiants étrangers (…). Parmi eux, 200 000 viennent des pays de la CEI, mais selon différentes estimations d’experts, entre 60 000 et 80 000 d’entre eux ne vont pas en cours », travaillant notamment dans la livraison ou dans le bâtiment. M. Shevtsov a expliqué que, conformément à la directive du président, le nombre d’étudiants étrangers devrait passer à 500 000 : « Nous avons une tâche très difficile à accomplir en cinq ans. Et elle n’est vraiment pas facile. Attirer 150 000 jeunes étrangers pour qu’ils viennent étudier en Russie, c’est très difficile. Mais en même temps, nous devons comprendre que ces jeunes ne viendront pas seulement […] pour étudier » il existe une forte demande à l’étranger pour la formation de personnel en Russie. Et l’enseignement agricole a le potentiel pour devenir plus recherché[10].
Depuis le début de la guerre, surtout dans les premiers mois, en trois vagues plusieurs centaines de milliers d’intellectuels, artistes, universitaires (professeurs et étudiants) ont quitté la Russie – et beaucoup d’étudiants russes à l’étranger ne sont pas rentrés. La protestation massive, avec des manifestations dans les grandes villes en février et mars 2022, contre la guerre ayant été très vite réprimée, beaucoup de protestataires et d’opposants ont choisi de quitter le pays tant qu’ils le pouvaient ; l’annonce le 22 septembre 2022 d’une mobilisation partielle a notamment provoqué la troisième vague, composée essentiellement de jeunes hommes, dont beaucoup d’étudiants, entre 400 000 et 700 000 selon les estimations. Il est ensuite devenu de plus en plus difficile de sortir des frontières. Même si les étudiants bénéficient de sursis pour études, ils sont l’objet de contrôles et de tracasseries administratives, ne doivent pas voir leurs études interrompues, et sont parfois quasiment kidnappés pour être emmenés dans l’armée[11]. Du côté ukrainien, les départs à l’étranger ont principalement concerné les femmes, beaucoup d’étudiantes, et des déplacements de population des étudiants de l’Est qui subit les combats et l’occupation des troupes russes – vers l’Ouest du pays. Le départ des jeunes hommes a été extrêmement limité, d’une part le réflexe patriotique de défense contre une invasion a porté beaucoup de jeunes volontaires sur le front ou la défense civile, d’autre part la pression de la conscription ne pèse pas en temps de guerre, et la liberté de circulation des étudiants en dehors des frontières demeure, même avec des contraintes administratives inexistantes en temps de paix.
Il convient de signaler que le régime du service militaire est différent dans les deux pays. En Ukraine et en Russie le service militaire concerne les jeunes de 18 à 27 ans, mais les étudiants bénéficient d’un sursis jusqu’à la fin de leurs études. Toutefois la guerre révèle des différences. En Russie, en raison du conflit armé, l’âge de la conscription a été étendu, elle concerne désormais les jeunes de 18 à 30 ans, alors qu’en Ukraine elle est suspendue en temps de guerre, la mobilisation ne concernant que les plus de 27 ans, âge baissé depuis avril 2024 à 25 ans.
Les conditions de travail et de vie des étudiants ukrainiens sont celles d’un pays subissant une guerre, avec des zones éloignées du front, et celles plus proches. Toutefois tout le territoire est concerné par les bombardements, les destructions de locaux d’enseignement, des laboratoires de recherche, des résidences et cantines universitaires, de personnel manquant tué, blessé ou mobilisé.
Les universités et des étudiants existent dans le cinquième du territoire ukrainien actuellement occupé et annexé par la Fédération de Russie. Ces établissements – au nombre de 29 établissements dans lesquels étudiaient plus de 95 000 personnes – ont été intégrées en octobre 2022, dans l’enseignement supérieur russe, les recteurs sont nommés par le gouvernement, les programmes – dont les programmes d’histoire, sociologie, sciences politiques – sont ceux en vigueur dans toute la Fédération de Russie, et les cours sont en langue russe[12]. Il est évident que le type de revendications ou d’organisation des étudiants ukrainiens y est différent de celui du reste de l’Ukraine.
Russie

Ukraine


II/ UN MOUVEMENT ÉTUDIANT MARQUÉ PAR LA POLITIQUE (INDÉPENDANCE NATIONALE) AUTANT QUE PAR LES REVENDICATIONS CORPORATIVES
Du premier 20e siècle aux structures d’auto-gouvernement institutionnelles, puis à l’émergence d’un syndicalisme étudiant au 21e siècle.
Sans remonter au 19e siècle et à l’émergence de la question nationale en Europe ébranlant les empires, les mouvements d’étudiants ukrainiens demeurent au 20e siècle demeurent marqués par la question nationale[13].
Dans l’entre-deux-guerres, alors que l’Ukraine est soviétique – sa partie occidentale étant polonaise – les étudiants nationalistes, indépendantistes, s’organisent en exil, avec des congrès internationaux, et développent des activités d’entraide, culturelles faisant vivre la langue et la culture, mais aussi fondant des institutions universitaires et scientifiques. L’Union centrale des étudiants ukrainiens est fondée en 1932 à Prague, elle adhère en tant qu’union nationale à la Confédération internationale des étudiants. En 1945, elle se reconstitue lors d’un congrès à Munich, et se réoriente en devenant de plus en plus antisoviétique[14]. Après le congrès mondial étudiant de Prague en 1945 qui décide de la formation de l’Union internationale des étudiants dont le congrès se tient en 1946, l’Ukraine n’est plus représentée en tant que telle, seule l’URSS en est membre.
Il existe aujourd’hui plusieurs organisations étudiantes en Ukraine, nous nous attacherons à en décrire deux, l’UAS (Union des associations d’étudiants d’Ukraine), et Priama Diia.
L’UAS
L’UAS occupe un espace plutôt institutionnel, c’est l’organisation reconnue à l’échelle nationale par l’État. Elle refuse de se considérer comme un syndicat, tout en affirmant défendre les intérêts des étudiants ukrainiens et agissant avec les moyens traditionnels d’un groupe de pression (lobbying, vote de résolutions dans les organes de représentation étudiante, communiqués, expertises, etc.). Elle veut éviter des prises de position « politiques » qui la mettraient en conflit avec le gouvernement. De ce point de vue, on pourrait la comparer avec l’organisation française FAGE des années 1990/2002, ou l’UNEF des années 1920/1930. Elle ne s’interdit cependant pas d’appeler à des manifestations – ce qu’elle vient de faire en ce mois de juillet 2025 contre la nomination du ministre de l’enseignement.
L’UAS trouve ses origines dans l’Association pour le développement de l’autonomie des étudiants en 1999 qui s’est transformée en 2002 en « Association ukrainienne d’autonomie des étudiants », dénommée rapidement UAS. Elle signe un accord de coopération avec le ministère le 18 novembre 2003, et participe depuis à l’élaboration des textes concernant l’université sur lesquels elle est consultée, peut déposer des amendements.
L’autonomie étudiante institutionnalisée a pu être critiquée. Le 8 novembre 2004, une lettre du ministère de l’Éducation et des Sciences « attire l’attention sur la nécessité de disposer dans les établissements d’enseignement supérieur d’un règlement sur l’autogestion étudiante, qui doit être approuvé dans les règles, et d’associer les organes d’autogestion étudiante à l’examen des questions relatives au contenu et à l’organisation de l’enseignement… ». Une experte au Centre d’études informationnelles « Meridian », pondère : « Les espoirs des militants étudiants concernant la réorganisation de la structure des organes d’autogestion, la définition de leurs pouvoirs réels, leurs sources de financement, la garantie d’une coopération équitable avec les administrations des établissements d’enseignement supérieur n’ont pas été comblés. […] Les rapports présentés lors des conférences des ministres de l’enseignement supérieur mettront en avant, pour ainsi dire, les « droits importants de l’autonomie étudiante » en Ukraine. Malheureusement, les leaders de l’autonomie étudiante de notre pays ne pourront pas profiter de ces droits ni les exercer. Il est regrettable qu’ils restent ignorés et méprisés. Allons-nous vraiment nous contenter d’une nouvelle série d’« articles destinés à apaiser la population » et de déclarations solennelles des responsables politiques européens sur la volonté ardente de l’Ukraine de devenir un État civilisé ? »[15]
Par exemple, en 2009 le président de l’Ukraine signe les amendements concernant les organes d’autonomie des étudiants qui avaient été examinés auparavant par la Rada (parlement), et en 2014 elle intervient dans la nouvelle version de la loi sur l’enseignement supérieur. Elle adopte ainsi une pratique co-gestionnaire de l’université pour améliorer la condition étudiante et l’insertion professionnelle, sans remettre en cause ses finalités et le système environnant.
Au niveau européen, les premiers contacts entre l’ESU (European student union) et les organisations étudiantes ukrainiennes remontent à 2002. Il y avait deux unions pouvant devenir membres de l’ESU: l’UAS d’une part, et le Conseil panukrainien des étudiants d’autre part. En 2003 la demande d’adhésion de l’UAS est rejetée. Finalement, alors que l’ESU peut avoir plusieurs membres adhérents par pays, son conseil d’administration a décidé d’accorder le statut de membre à part entière à l’UAS en 2007. L’ESU estimant que l’USC était encore trop jeune et avait besoin de plus de temps pour se structurer,[16].
L’UAS dispose de plusieurs catégories de membres. Les conseils étudiants (OCC) et autres organisations étudiantes peuvent rejoindre l’Association en acquérant une adhésion collective, qui est une forme organisationnelle et juridique de coopération entre l’Association et les conseils étudiants et les organisations étudiantes. Il y a des membres collectifs à part entière : organes d’autogestion étudiante des établissements d’enseignement supérieur et professionnel et de leurs structures distinctes. Et il y a aussi des membres collectifs associés : organisations étudiantes publiques et conseils étudiants auprès des autorités et des organes d’autogestion locale[17].
PRIAMA DIIA : les trois vies d’un syndicat
Contrairement à l’UAS, il n’y a pas eu de continuité organisationnelle de ce syndicat, mais son nom demeure une référence qui est repris par plusieurs générations.
Première génération, 1994-1998. En novembre 1994, un groupe d’étudiants se présentant comme syndicat dénommé « Action directe » (Priama Diia en ukrainien) donnent une conférence de presse, foulards sur les visages, yeux cachés derrière des lunettes noires, aucun nom de personne n’est donné. Ils revendiquent l’action menée au début de l’année devant le bâtiment du Conseil des ministres ukrainien, des barrières en marbre et en granit avaient été recouvertes de peinture pour dénoncer le non-paiement des bourses. N’excluant pas le recours aux armes, et différentes formes de « résistance révolutionnaire, ils déclarent que les seules organisations avec lesquelles ils sont sur la même longueur d’onde sont des syndicats similaires à Moscou et à Minsk, ou existe un un syndicat « Protection des étudiants » et un syndicat libre des étudiants de Biélorussie[18]. Ce premier Priama Diia, limité à Kyiv, semble disparaître en 1998.
Deuxième génération : 2008-2016/2019. Le syndicat a été fondé en 2008 à l’initiative d’étudiants de l’Université nationale Taras Shevchenko de Kiev, légalisé le 15 avril 2009. Il dispose alors de sections dans plusieurs universités de la capitale ainsi que dans plusieurs centres régionaux d’Ukraine. Les fondateurs avaient décidé de reprendre le nom « Priama Diia » en signe de continuité avec les traditions de la résistance étudiante. Certains militants de la première génération ont contribué aux activités du syndicat.
Son objectif était de créer une organisation étudiante de base, fondée sur des principes de coordination horizontale remplaçant progressivement l’appareil bureaucratique de l’administration en établissant des relations dans le domaine de l’éducation sur la base de l’égalité, de la démocratie directe et de la coopération. L’une des principales tâches affirmée du syndicat est de créer un mouvement étudiant puissant et de soutenir solidairement les mouvements de libération et d’émancipation en Ukraine et à l’étranger.
En 2010, après des actions menées conjointement avec d’autres organisations de jeunesse contre l’instauration de frais d’inscription dans les universités, les services de renseignement, en collaboration avec l’administration de l’université nationale Taras Shevchenko de Kiev, ont pris des mesures telles que : pressions ont été exercées sur les militants en menaçant de licencier leurs parents; expulsion de l’université ; intimidations de toute personne qui aidait Priama Diia d’une manière ou d’une autre ; et même intervention des services de renseignement ont exercé des mesures de dissuasion. L’administration avait donné pour instruction à la sécurité d’interdire aux militants l’accès à des bâtiments universitaires.
Selon le syndicat, cette répression était liée à au fait que l’université nationale de Kiev était en réalité dirigée par le vice-recteur M. Bugrov V.A., qui, selon ses informations, était également agent du SBU depuis 1989. (Le SBU est le service de sécurité ukrainien, anciennement le KGB.)[19]
Dans la même période, des manifestations et des militants ont subi des attaques de groupes d’extrême-droite, par exemple en 2011 devant le parlement.
Selon les sources, les activités de Priama Diia ont cessé en 2016, mais des activités pédagogiques se seraient poursuivies jusqu’en 2019.
La génération de la guerre : 2023. Après le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine, les étudiants se sont trouvés dispersés, trouvant refuge dans des villes inconnues avec des moyens de fortune pour poursuivre des études. Dans ces conditions « tous les dangers qui existaient avant le 24 février 2022 demeurent : abus de pouvoir de la part des administrations universitaires, discrimination, corruption, actions hostiles du ministère de l’éducation et des sciences envers les étudiants, demande de frais supplémentaires ou excessifs »[20]. L’année avait été marquée par plusieurs luttes, dont deux marquantes : l’action des étudiants de l’Académie ukrainienne d’imprimerie contre la réorganisation de l’université, et le mouvement Students UA, pour le droit de voyager à l’étranger. Des militants pronostiquaient qu’en raison de la guerre, d’une part, et de la politique néolibérale des autorités ukrainiennes, d’autre part, la situation sociale des étudiants allait s’aggraver de plus en plus. Dès le printemps 2022, dans un entretien, deux étudiants de Lviv, Katya de l’Académie des Arts et Maxim en informatique, qui avaient lancé un appel à la solidarité avec les étudiants ukrainiens, expliquaient « Il nous faut reconstruire en Ukraine un syndicat étudiant de gauche »[21].
Avec d’autres, ils ont décidé de reconstituer Priama Diia reprochant aux grands mouvements étudiants ukrainiens – à savoir l’UAS et nombre d’organes de cogestion – de fermer les yeux sur la composante sociale du problème de l’éducation et de soutenir la privatisation, la commercialisation et l’ »optimisation » de l’enseignement supérieur. Ils faisaient référence à ce qui s’était passé en Europe occidentale au cours des trente dernières années et aux mouvements d’opposition aux réformes libérales.
Le manifeste[22] adopté au congrès de 2024, un an après la refondation, soulignait : « Dans l’histoire de l’Ukraine indépendante, le noyau de cette résistance a toujours été constitué du corps des étudiants progressistes, et les exemples les plus réussis sont les suivants : campagne « Contre la dégradation de l’éducation » en 2011, ainsi que protestations et les manifestations d’étudiants qui ont servi de catalyseur aux événements de l’Euromaidan ». Loin d’une vision corporatiste, ils entendent faire partie d’un mouvement syndical plus large : « Le mouvement étudiant peut donc être considéré à juste titre non seulement comme luttant pour de meilleures conditions d’éducation, mais comme partie prenante d’un mouvement plus large de libération humaine. »
Le congrès de 2025 une nouvelle structuration a été adoptée car, au fur et à mesure que le syndicat se développait, il était apparu nécessaire d’avoir des personnes responsables, par exemple pour les finances ou les médias. Il y a maintenant des postes avec élection – des coordinateurs de différents départements, dont la tâche principale est d’animer les activités et d’en rendre compte. « Ces postes visent uniquement à coordonner, mais pas à prendre des décisions pour les autres », car Priama Diia « tient à deux choses : 1) nous n’aimons pas le système représentatif en tant qu’imitation de la démocratie ; 2) le syndicat comprend des personnes très diverses sur le plan politique, allant des apolitiques aux anarchistes-marxistes radicaux »[23]. Cette ouverture est parfaitement compatible avec des pratiques et références explicite à l’anarchosyndicalisme et à la pédagogie libertaire.
Le syndicat – fort de 150 à 200 membres actifs – est implanté dans plusieurs villes et universités, reconnu représentatif officiellement dans certaines d’entre elles, comme à Lviv ou Kyiv. Il est très militant, et au-delà des revendications universitaires traditionnelles (bourses, locaux, nourriture, logement) investit des thèmes et actions féministes, LGBT, anti-fascistes, culturels – il édite un fanzine, anti-autoritaires, pour le contrôle étudiant, liens organisés avec les étudiants engagés sur le front, dans l’armée, dans la défense civile.
On pourrait le rapprocher de ce que fut en France un syndicalisme étudiant anticapitaliste et autogestionnaire qui s’était incarné dans le MAS au cours des années 1970[24].
Mobilisations
Pendant la guerre, les luttes sociales continuent. Les mobilisations étudiantes sont passées en trois années du terrain universitaire lui-même, puis débordant de façon massive dans l’arène politique nationale.
Académie de l’imprimerie à Lviv,
En mai 2021, la Banque mondiale a approuvé un prêt d’un montant de 200 millions de dollars pour l’audit des universités ukrainiennes en vue de leur fusion ou de leur fermeture. La réforme concernait les 150 plus grandes universités d’État. Selon le plan du ministère ukrainien de l’éducation et des sciences, il ne devait pas rester plus de 80 établissements d’enseignement supérieur.
C’est dans ce contexte que, fin 2022, le ministère ukrainien avait prévu de fermer l’Académie de l’imprimerie à Lviv, répondant ainsi positivement à un promoteur immobilier privé qui voulait acheter le terrain et avait intérêt à la fermeture de l’institution[25].
Estimant que la destruction des infrastructures de l’éducation entraînera une diminution du nombre de spécialistes et aura un effet dévastateur sur l’économie du pays la protestation étudiante s’est développée. Le 12 novembre 2022 une manifestation étudiante a eu lieu, malgré la guerre. Lors du rassemblement on a entendu des slogans : « Les étudiants sont obligés de manifester pendant la guerre ! », « Ne créez pas d’ennemi intérieur ! », « Ceux qui font chavirer le bateau ne sont pas ceux qui se battent pour leurs droits, mais ceux qui poursuivent des politiques anti-ouvrières et anti-sociales. »
L’Académie des Beaux-Arts et Architecture
L’Académie des Beaux-Arts et Architecture est, depuis 2016 au moins, un espace de conflits face à une direction paternaliste. En 2019, il y eut une lutte étudiante contre la censure de la création artistique des étudiants. En 2020, le ministère a manœuvré pour ne pas appliquer la réforme des structures d’auto-gouvernement en reportant sine die l’élection du recteur. Le ministre de la culture et de la communication ayant nommé unilatéralement la direction, manifestations et comité de contrôle étudiants ont réussi à rétablir l’élection. En 2023/2024 face à la dégradation des logements étudiants (pas d’eau chaude, pas de chauffage, malgré le versement des loyers) des mobilisations et une négociation ont abouti au commencement des réparations dans les cuisines, les salles de bains, les abris et les douches, et des mesures ont été prises pour éliminer les moisissures. La place des étudiants est reconnue, des réunions ouvertes avec l’administration ont eu lieu presque chaque semaine, ce qui leur a permis de promouvoir d’autres revendications. Un nouveau syndicat primaire indépendant a été formé[26].
Le mouvement, Students UA pour la liberté de circulation,
Depuis août 2022, les étudiants ont des problèmes pour traverser la frontière, et en septembre 2022, ce droit leur a été totalement retiré. Les étudiants ont été contraints de s’organiser sous diverses formes pour exiger des autorités qu’elles résolvent le problème. En effet, Depuis le début de la guerre et la loi martiale, les étudiants qui font leurs études dans les universités étrangères ne pouvaient plus retourner en Ukraine car ils risquaient ne pas pouvoir sortir du pays pour reprendre leurs études. D’autres qui étudiaient ne pouvaient plus sortir d’Ukraine pour se rendre dans leur université à l’étranger. Un mouvement, Students UA, a été fondé à l’été 2022 pour protester contre cette situation et rappeler que le seul objectif du passage de la frontière est d’étudier dans un établissement d’enseignement supérieur.
Le mouvement a commencé, créé par un groupe d’initiative dont les membres ont participé à l’enregistrement d’un message vidéo dans le parc Taras Chevtchenko à Kyiv. Depuis août 2022, les étudiants ont des problèmes pour traverser la frontière, et en septembre 2022, ce droit leur a été totalement retiré. Les étudiants ont été contraints de s’organiser sous diverses formes pour exiger des autorités qu’elles résolvent le problème.
Beaucoup d’organisations ont été impliquées : l’Union européenne des étudiants (ESU) et l’Association ukrainienne des étudiants (UAS), ainsi que le Conseil des étudiants des établissements d’enseignement supérieur slovaques (ŠRVŠ), et Priama Diia. La Fondation ukrainienne des avocats indépendants a envoyé un appel au président de l’Ukraine. Le Centre pour les libertés civiles (CCL – première organisation ukrainienne à avoir reçu le prix Nobel de la paix 2022) a également fait savoir qu’il n’était pas favorable aux restrictions imposées au passage des frontières pour les étudiants[27].
Juillet 2025 : les étudiants fer de lance de mobilisations politiques
Deux mobilisations, à quelques jours d’intervalle, ont mis la jeunesse universitaire dans la rue. La première était plus spécifiquement « politico-universitaire » puisqu’il s’agissait de la nomination contestée d’Andriy Vitrenko au ministère de l’Éducation. Andriy Vitrenko est une personnalité politique : il a été vice-ministre de l’Éducation, président du groupe « Serviteur du peuple » au Conseil municipal de Kiev. Accusé de plagiat, et ayant été impliqué dans des affaires de corruption, cette désignation a soulevé une grande émotion dans les facultés, au point que même des organisations « modérées » – principalement l’UAS – ont appelé à réagir par une manifestation les 14 et 15 juillet pour obtenir la destitution du ministre[28]. Priama Diia, qui n’avait pas été invitée aux réunions préparatoires, à toutefois appelé à manifester aussi, précisant : « nous sommes convaincus que l’amélioration de l’éducation moderne ne réside pas dans la recherche du candidat « idéal » pour occuper ce poste [mais] sur le fait que la voie vers une meilleure éducation passe par des changements systémiques décisifs, notamment en matière de lutte contre la commercialisation et la bureaucratisation de l’éducation »[29]. Le rassemblement s’est tenu, et finalement dans la constitution d’un nouveau gouvernement le 17 juillet a écarté Andriy Vitrenko.
Quelques jours plus tard, le vote par la Rada d’une loi mettant les organes indépendants anti-corruption sous la dépendance du Procureur, c’est-à-dire du gouvernement, a mobilisé encore plus massivement. Si les étudiants n’étaient pas les seuls à protester et à organiser les manifestations qui se sont tenues dans une quinzaine de grandes villes, et de multiples bourgs et même villages, les observateurs ont noté leur très forte participation. Les jeunes étaient non seulement souvent majoritaires parmi les milliers de manifestants, mais ce sont eux qui, forts de leurs expériences d’auto-organisation, ont structuré les cortèges. En deux jours, on est passés d’un appel à Zelenski de ne pas promulguer la loi, à la critique ouverte de sa politique, même de la part des organisations « modérées » et soi-disant « apolitiques ». Reflet de la pression de la base et de l’état de l’opinion étudiante, même l’UAS a appelé les jeunes « à ne pas rester à l’écart. » car ils ne peuvent » faire marche arrière dans notre adhésion à l’UE. Notre avenir dépend de nos actions communes aujourd’hui». À l’Université nationale Taras Shevchenko de Kiev, a été publiquement annoncé un boycott contre deux enseignantes et députées, Lesia Zaburanna et Lyubov Shpak, qui ont soutenu le projet de loi controversé[30].
Solidarités et relations internationales
En dehors de l’ESU, des relations internationales se sont nouées – la présence d’étudiants ukrainiens en exil dans divers pays a pu les favoriser – entre des organisations étudiantes ukrainiennes et européennes.
Ainsi, l’UAS a participé à un premier échange réalisé en coopération avec le Parlement des étudiants de la République de Pologne en octobre 2023 : le «Dialogue sur l’unité étudiante : Ukraine et Pologne » a réuni 2 pays, 2 unions étudiantes, 4 villes, 32 participants, 27 universités associées et plus de 20 intervenants pendant 6 jours.
Priama Diia, de son côté, est membre du Réseau syndical international de solidarité et de luttes[31]. Depuis avril 2024, à partir d’un groupe de militants de Pologne et d’Italie qui avait organisé une assemblée en ligne, un réseau international est né sous le nom de « Universités en guerre : la lutte des étudiant·es et des travailleuses et travailleurs en temps de crise », attentive à la nécessité de porter la question de la guerre à l’intérieur des universités. Les 13 et 14 juillet 2024, la première réunion en présentiel de ce réseau s’est tenue à Poznan, en Pologne avec : Officine della formazione / Ateliers d’Éducation (Italie), OZZ Inicjatywa Pracownicza / Initiative ouvrière (Pologne), Priama Diia (Ukraine). Une deuxième rencontre a eu lieu à Lviv les 26 et 27 octobre 2024 avec une présence de délégations d’USA et de France. D’autres questions que la seule guerre en Ukraine ont été évoquées ; comme la solidarité avec le peuple palestinien, l’analyse de l’université d la globalisation capitaliste, etc. [32].
Le 11 septembre 2025, dans le cadre d’un séminaire du Germe tenu à Paris dans les locaux du CICP, centre anticolonialiste de tradition « tiers-mondiste », Katya Gritseva, cofondatrice de Priama Diia, a rencontré les organisations étudiantes françaises FAGE, UNEF et Solidaires étudiant-es[33].
CONCLUSION (PROVISOIRE) : LUTTER DANS LA GUERRE, LUTTER CONTRE LA GUERRE
En Russie, le mouvement de protestation contre l’entrée en guerre en 2022 a subi une répression immédiate, suffisante pour intimider la contestation. Si l’on assiste à des luttes revendicatives, elles sont très éclatées, d’autant qu’aucune organisation d’étudiants n’existe à l’échelle nationale, hormis les sections du parti dominant Russie unie et de ses alliés. Il est légalement interdit de contester « l’opération militaire spéciale » et de la qualifier de guerre, et la seule opposition possible sur ce terrain, demander le retrait des troupes russes (comme ce fut le le cas du mouvement étudiant aux USA pendant la guerre du Vietnam ou en France contre la guerre d’Algérie), est immédiatement passible d’expulsion, d’amendes, de prison, ne laissant que des solutions soit clandestines de petits groupes isolés les uns des autres, soit l’exil, alors que la société est de plus en plus contrainte à un retour aux valeurs dites « traditionnelles »..
En Ukraine, s’opposer à la guerre, c’est d’abord s’opposer à la guerre que la Russie fait et défendre le pays. Les critiques qui sont faites aux politiques libérales sont dans une continuité, mais la guerre leur donne de l’acuité puisque – selon les organisations du mouvement social et étudiant – ces politiques affaiblissent les services publics, et donc l’efficacité de la défense du pays. De plus, l’expérience de plus de 30 ans de vie démocratique, fut-elle chaotique et imparfaite, d’organisation collective, de luttes et d’interventions populaires, limitent les velléités répressives et autoritaires qui sont les tentations usuelles en temps de guerre. La société civile, ainsi que le mouvement étudiant, existent, sont capables d’utiliser le répertoire d’action collective même pendant le conflit armé : grèves, expression dans les médias, manifestations, organisation de syndicats (comme le syndicat de soldats LGBT), procédures devant les tribunaux.
C’est donc une lutte sur deux fronts (externe et interne) qui est spécifique aux temps de guerre et exige des mouvements étudiants des tactiques particulières et pour les chercheurs une approche comparative et multidisciplinaire.
[1] Mes remerciements aux militants de Priama Diia qui m’ont fourni les éléments statistiques ukrainiens, et à Patrick Le Tréhondat qui – pour le Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine – suit attentivement et veille sur la traduction des textes du syndicat étudiant.
[2] En 2024, la licence est passée de trois ans à 4 ans, renforçant sa qualité.
[3] Chiffres du ministère.
[4] Statistica research development, 30 janvier 2024).
[5] Mykhailo Samsonenko, « Réforme de l’enseignement supérieur de l’Ukraine : Subventions et emploi forcé ? », Commons, 21 mars 2024, traduction française sur https://www.germe-inform.fr/?p=5538
[6] L ‘enquête a été menée du 8 au 21 juillet 2025 auprès des habitants de 220 localités situées dans différents districts de Russie. L’échantillon était composé d’un millier de parents de candidats à l’université.
[7] Ria Novosti, 17 septembre 2025, https://ria.ru/20250917/vuzy-2042518052.html
[8] http://www.kremlin.ru/events/president/news/78012
[9] Il est difficile d’obtenir des données actualisées, les statistiques n’étant plus publiques pour la plupart, considérées comme des secrets militaires.
[10] https://www.interfax-russia.ru/academia/news/okolo-treti-obuchayushchihsya-v-rf-studentov-iz-sng-propuskayut-zanyatiya-rossotrudnichestvo
[11] Les chaînes d’information indépendantes russes telegram « groza », « Universitetskaia platform », « Molinia », donnent des informations sur la situation et les évènements universitaires. Des réseaux aident à conseiller les candidats au départ.
[12] « Le plan d’intégration des universités et des instituts de recherche des nouvelles régions dans l’espace éducatif de la Fédération de Russie a été approuvé », agence TASS, 21 octobre 2022. Voir aussi le rapport d’Human Right Watch https://www.hrw.org/report/2024/06/20/education-under-occupation/forced-russification-school-system-occupied-ukrainian
[13] « Université clandestine ukrainienne (1921-1925) : expérience historique de la lutte étudiante », https://www.germe-inform.fr/?p=5276
[14] Communication d’Irina Sobtchenko, « Le bulletin central de l’Union centrale des étudiants Ukrainiens », colloque « Presse étudiante en résistances et dissidences », Paris, INALCO, 22-23 mai 2025.
[15] Tetyana Yatskevych, « L’autonomie étudiante en Ukraine : une « vitrine » pour le processus de Bologne ? », La Gazette de Lviv, 3 octobre 2005, http://www.gazeta.lviv.ua/articles/2005/10/03/9366/
[16] https://esu-online.org/esu-opens-the-door-to-the-ukrainian-student-movement/
[17] https://www.uas.ngo/
[18] Igor Alexandrov, sur Зеркало недели (Miroir de la semaine), 25 novembre 1994, https://zn.ua/internal/pryamoe_deystvie_-_eto_zvuchit_predosteregayusche_studencheskiy_profsoyuz_krayne_levyh_nastroen_kray.html,
[19] « Solidarity Appeal from Ukraine: Stop Repression of Student Trade Union », Edu-Factory, 10 avril 2010, http://www.edu-factory.org/edu15/index.php?option=com_content&view=article&id=323%3Asolidarity-appeal-from-ukraine-stop-repression-of-student-trade-union&catid=34%3Astruggles&Itemid=53
[20] Déclaration de reconstitution de Priama Diia, février 2023.
[21] Dossier « Étudiant-es ukrainien-nes face à la guerre », dans Soutien à l’Ukraine résistante, n° 10, juillet 2022.
[22] « Les étudiants sont la force de l’Université », manifeste de Priama Diia, https://www.germe-inform.fr/?p=5451#_ftn1
[23] Interview Ihor Vasylets par Patrick Le Tréhondat, 15 avril 2025. https://www.germe-inform.fr/?p=5824
[24] Robi Morder, « Le Mouvement d’action syndicale, brève histoire d’un syndicat étudiant anticapitaliste et
autogestionnaire », La Revue de l’Université, N° 19, 2000, https://www.germe-inform.fr/?p=2316 . Priama Diia a travaillé sur les expériences internationales, et nous savons que des textes français – charte de Grenoble, divers textes du MAS ou de la Tendance syndicaliste autogestionnaire – ont été accessibles.
[25] « Ukraine : les étudiants protestent contre la fermeture de l’Académie de l’imprimerie à Lviv. », https://www.germe-inform.fr/?p=4922
[26] « Ukraine : les leçons d’une lutte étudiante à l’Académie nationale des beaux-arts et de l’architecture », https://www.germe-inform.fr/?p=5780
[27] « Les étudiants ukrainiens doivent avoir le droit à l’éducation même en temps de guerre » https://www.germe-inform.fr/?p=5087
[28] Communiqué de l’UAS avec l’Union des étudiants pour la liberté et d’autres universités, 11 juillet 2025.
[29] Communiqué Priama Diia, 13 juillet 2025.
[30] « Ukrainian student announces boycott of MP lecturers who voted for law on anti-corruption agencies », Ukrainskaïa Pravda, 23 juillet 2025 ? https://www.pravda.com.ua/eng/news/2025/07/23/7523039/
[31] https://laboursolidarity.org/fr/
[32] (https://universitiesatwar.wordpress.com/),
[33] Un enregistrement a été mis en ligne sur https://www.youtube.com/watch?v=vAT7WhdSrlM, les discussions sont en langue anglaise.