lecture: Jean-Philippe Legois, La Sorbonne avant mai 68, chronique de la crise universitaire des années 60

Jean-Philippe LEGOIS, La Sorbonne avant mai 68. Chronique de la crise universitaire des années 60 à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Paris, Mémoire de Maîtrise sous la direction du professeur Antoine Prost, Paris I Panthéon-Sorbonne-C.R.H.M.S.S., septembre 1993, 319 p. Mieux qu’une simple chronique, comme le titre le laisserait entendre, Jean-Philippe Legois nous offre avec son mémoire de maîtrise une étude précise et rigoureuse des causes du mouvement de mai 68 dans un des symboles de la contestation étudiante: la Sorbonne. L’intérêt de sa démarche est contenue dans sa volonté à resituer ce mouvement dans sa longue durée. Continue reading ‘lecture: Jean-Philippe Legois, La Sorbonne avant mai 68, chronique de la crise universitaire des années 60’

lecture : Raphaël Desanti, Le syndicalisme étudiant à la faculté des lettres de l’Université de Nantes (une approche ethno-sociologique du syndicalisme de gauche)

Raphaël DESANTI Le syndicalisme étudiant à la faculté des lettres de l’Université de Nantes (une approche ethno-sociologique du syndicalisme de gauche) Maîtrise sociologie – J.P. Molinari Dir. Université de Nantes 1995/1996. 157 pages + annexes. Dans son mémoire,  primé par l’Observatoire de la vie étudiante, Raphaël Desanti s’attache en réalité à l’étude du syndicalisme étudiant de gauche à  la faculté de  lettres de Nantes. L’objet est bien délimité : géographiquement (la faculté de lettres de Nantes) et politiquement, puisqu’il s’agit de deux UNEF qui se réclament héritières de la période «algérienne» et postérieure de la «grande UNEF». Loin de s’attacher simplement -comme  le font les journalistes lors des grandes mobilisations- à un «syndicalisme de surface» dont les dimensions se résument bien souvent aux couleurs  politiques», l’auteur entend porter son attention aux contours d’un arrière-plan «les particularités locales du syndicalisme actuel (sous ses aspects morphologiques et pratiques), les espaces-temps de son activité dans la durée de l’année universitaire, les trajectoires sociales des étudiants syndicalistes» en portant son interrogation sur «l’origine et le sens de l’engagement militant au syndicalisme de gauche». Continue reading ‘lecture : Raphaël Desanti, Le syndicalisme étudiant à la faculté des lettres de l’Université de Nantes (une approche ethno-sociologique du syndicalisme de gauche)’

lecture : Gilles Maigron, Résistance et collaboration dans l’Université de Paris

MAIGRON Gilles. Résistance et collaboration dans l’Université de Paris sous l’occupation, 1940-1944. Mémoire de maîtrise sous la direction de Michelle Perrot. Paris VII 1992/1993, 229 pages. Présentation par l’auteur. Voir critique dans le dossier des Cahiers du Germe  N° 25, 2005. Continue reading ‘lecture : Gilles Maigron, Résistance et collaboration dans l’Université de Paris’

lecture : Alain Kergomard, La mutation universitaire, Clermont 1948-1993

Alain KERGOMARD La mutation universitaire, Clermont 1948-1993. L’Harmattan 1995.
Professeur à Clermont Ferrand, Alain Kergomard a été à deux reprises directeur d’UER et membre de divers conseils. L’intérêt de ce livre est de traiter de l’évolution de l’université en brossant des comparaisons entre la situation nationale et la situation locale. Après un historique qui remonte au 19e siècle – et rappelant que sous l’occupation l’Université de Strasbourg a été hébergée dans la capitale auvergnate- il décrit les mutations comme deux «chocs étudiants». Premier choc : 1950-1968, avec le passage de 380 à 3600 étudiants en sciences, deuxième choc étudiant celui qui voit une massification des effectifs à partir de 1988. Continue reading ‘lecture : Alain Kergomard, La mutation universitaire, Clermont 1948-1993’

lecture : Olivier Raeis, Olivier RAEIS Les AGE de l’UNEF et leurs services, bref aperçu de 1880 à nos jours

Olivier RAEIS Les AGE de l’UNEF et leurs services, bref aperçu de 1880 à nos jours Rapport au Président de la FAGE. VII° Congrès – Lille 1996.
Chargé des archives au sein du bureau de la FAGE, Olivier Raeis qui, il faut le souligner, n’est ni historien, ni sociologue, ni politiste mais un scientifique, accomplit un travail remarquable, qu’il nous a d’ailleurs présenté lors de notre séminaire du 15 janvier. Ce rapport est un premier recensement des services et du statut juridique des AGE de l’UNEF. Continue reading ‘lecture : Olivier Raeis, Olivier RAEIS Les AGE de l’UNEF et leurs services, bref aperçu de 1880 à nos jours’

lecture: Fabrice Rajerison, Temoignage d’un étudiant en grève

Fabrice RAJERISON témoignage d’un étudiant en grève. (Maîtrise Histoire Paris VII, 1996, Florence Gauthier Dir.); Comme l’indique son titre, ce mémoire est en réalité  le témoignage d’un étudiant gréviste de Jussieu. Fabrice Rajerison avait récolté documents, photographies et tenu un  «journal de grève» au cours de la grève de novembre-décembre 1996 contre le projet Devaquet.  Continue reading ‘lecture: Fabrice Rajerison, Temoignage d’un étudiant en grève’

lecture : Stéphane Merceron, Aspects de l’Union nationale des étudiants de France à la fin des années Trente, une organisation étudiante dans son temps, 1936-1939

Stéphane MERCERON: Aspects de l’Union Nationale des Etudiants de France à   la fin des années Trente, une organisation étudiante dans son temps, 1936-1939. Maîtrise, sous la  direction  de MM Pascal Ory et Mollier, Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines, centre d’histoire culturelle de l’Europe moderne, novembre 1996, 1 vol 144 p, + 1 vol (63 pages) d’annexes. Récemment soutenue, avec la mention «Très Bien», la maîtrise de Stéphane Merceron a un double intérêt. Elle donne une vivante présentation de l’UNEF de la fin des années Trente; elle permet également  de revisiter la vision traditionnelle des «trois âges» du mouvement étudiant en France. Continue reading ‘lecture : Stéphane Merceron, Aspects de l’Union nationale des étudiants de France à la fin des années Trente, une organisation étudiante dans son temps, 1936-1939′

lecture : Claudie Weill, Etudiants russes en Allemagne, 1900-1914

Claudie WEILL: Etudiants russes en Allemagne, 1900-1914, L’Harmattan, 1996, coll. Chemins de la Mémoire, 268 p. L’Allemagne impériale fut une des destinations des étudiants russes à l’étranger, avec deux vagues majeures, au tournant du siècle puis au lendemain de la révolution de 1905; non certes la principale, puisqu’en 1914 il y avait 3000 étudiants venus de Russie en France, contre moins de 1900 sur le territoire du Reich; leur proportion du nombre total des étudiants d’Allemagne n’a pas dépassé 4%, alors qu’elle atteignit 7,5% en France, et 25% en Suisse. Mais l’ouvrage de Claudie Weill, issue d’une thèse de sociologie, se veut moins une étude quantitative – encore qu’appuyée sur les réponses des intéresses à un vaste questionnaire élaboré au printemps 1914 par quelques étudiants russes en Allemagne – qu’une recherche culturelle, alors que la Russie frappait aux portes de l’Europe: au miroir de leurs relations avec le pays d’accueil, et d’abord avec les étudiants allemands, il s’agit d’analyser les réactions que provoqua leur présence dans le Reich, et l’impact de leur séjour sur le devenir ultérieur de l’intelligentsia russe. Continue reading ‘lecture : Claudie Weill, Etudiants russes en Allemagne, 1900-1914’

lecture : Jean-Yves Sabot, Le syndicalisme étudiant et la guerre d’Algérie

Jean-Yves SABOT, Le syndicalisme étudiant et la guerre d’Algérie, l’Harmattan, 1995, 276 p, prix non indiqué. Le titre  ne doit pas induire en erreur: Le syndicalisme étudiant et la guerre d’Algérie  n’est pas une histoire de l’UNEF face à la guerre d’Algérie, non plus que de l’influence du mouvement étudiant sur l’ensemble de cette guerre sans nom. Certes, l’auteur livre en passant son hypothèse personnelle sur l’évolution d’ensemble du mouvement étudiant, sous la forme d’une interprétation et périodisation nouvelles (et différentes de celles proposées par Yolande Cohen et Claudie Weil dans «Entre socialisme et nationalisme, les mouvements étudiants européens», Le Mouvement Social, n°120, juillet-septembre 1982),  sur laquelle bien sûr il y aurait à dire: on aurait, des origines à la Libération, soumission des AGE aux pouvoirs publics et répression du politique, puis émancipation sur un mode syndical unitaire de 1946 à la fin des années Soixante, enfin émiettement politique jusqu’à nos jours

Mais l’essentiel est ailleurs. Dans cette étude, qui reprend sa thèse de science politique, J.Y. SABOT analyse le cas de l’Association Générale des Etudiants de Grenoble de 1954 à 1962, qui fut une des composantes les plus importantes  et dynamiques de l’UNEF pendant les années algériennes, et  s’appuie sur ses abondantes archives. Comme contre-épreuve il examine également l’Association Générale de Dijon, au rôle moindre à tous égards. De plus il a interrogé de nombreux anciens syndicalistes étudiants, principalement grenoblois et dijonnais. Continue reading ‘lecture : Jean-Yves Sabot, Le syndicalisme étudiant et la guerre d’Algérie’

lecture: Alain Borredon. Une jeunesse dans la crise

Alain BORREDON. Une jeunesse dans la crise L’Harmattan 1995. Ayant réalisé dans plusieurs académies des entretiens et de sérieuses enquêtes au sein de lycées, auteur de rapports, Alain BORREDON, Docteur en sciences de l’éducation, se penche sur «les nouveaux acteurs lycéens» tels qu’ils apparaissent dans les mouvements des dix dernières années. Notant à juste titre le passage d’un statut «d’acteur rallié» au mouvement étudiant en 1986, à celui «d’acteur autonome» dans le mouvement de 1990, et enfin d’acteur «partenaire» au printemps 1994 (CIP) , les lycéens auraient fait la preuve qu’ils «étaient devenus de nouveaux acteurs sociaux dans la société française». Ils ne constituent pas seulement un «groupe d’intérêt» mais revêtent ponctuellement des traits «relevant de la catégorie sociologique «mouvement social» selon la terminologie d’Alain Touraine».

Si dans ces trois mouvements des «conditions objectives d’expression d’une revendication massive» existent (projet Devaquet, budget, CIP), «l’organisation d’une telle action posait […] de vrais problèmes», et de souligner le «rôle politique de leader» qui ne se limite pas à orienter l’action mais aussi à donner ou dégager «le sens d’un réel parfois confus». Le rôle du «militant» est ainsi défini, mais comment un lycéen devient militant ? Continue reading ‘lecture: Alain Borredon. Une jeunesse dans la crise’