Publié dans Les cahiers du Germe n° 1, mars 1996.
« Le problème reste entier de savoir comment un milieu destiné à n’être que le reflet de son passé a pu réaliser ce paradoxe de s’exprimer quelques quarante ans plus tard sur le mode d’une organisation syndicale »[1].
UN CONSTAT
L’UNEF est peu ou prou déconsidérée de par son attitude pendant la guerre, en tous cas auprès d’une grande partie de l’élite résistante active. Elle est d’ailleurs concurrencée par un certain nombre de groupes politiques et confessionnels qui sont auréolés, eux, du prestige de la résistance. Enfin, auprès des administrations. Il n’y a pas en tous cas unanimité pour redonner à l’UNEF sa place d’avant guerre, celle de seule représentante des étudiants, même s’il n’est pas envisagé de la dissoudre[2].
On peut, dès lors, s’interroger : pourquoi le nouveau projet d’organisation mis en oeuvre par cette génération de la résistance qui, on l’a vu, désire une réforme de l’enseignement, et a un projet de syndicalisme étudiant (même si le terme n’apparaît pas encore défini de manière claire) passe par le cadre ancien de l’UNEF? Et comment? Il ne suffit pas en effet que certains aient fait un choix. Puisqu’il y a diverses options ayant leurs partisans, comment l’une l’emporte sur les autres. Enfin, quelles sont les conséquences de ce choix, en tous cas ses effets immédiats? Continue reading ‘Grenoble 46: naissance d’un syndicalisme étudiant’