biographie: François Borella

BORELLA François, Charles, Joseph, André. Né le 16 février 1932 à Nancy (Meurthe et Moselle) ; marié le 27 août 1957 avec Marie-Claire de Thomassin de Montbel ; cinq enfants ; dirigeant local (1954-1955) puis national (1955-1956) de l’UNEF ; membre du PSU depuis 1960, de sa Direction Politique Nationale de 1969 à 1974, membre du Comité Directeur du PS de 1974 à 1979 ; Professeur de droit ; conseiller municipal de Nancy de 1983 à 2002, conseiller régional de Lorraine de 1986 à 1998;
Troisième enfant d’une famille catholique pratiquante, François Borella perdit son père, adjudant-chef aviateur mort en service commandé, à l’âge de cinq ans et fut alors élevé par ses grands-parents maternels. Elève du lycée H.Poincaré de Nancy, boursier, premier prix d’histoire au concours général des lycées en 1949, bachelier en 1950, François Borella fut reçu en 1952 à l’ Ecole Nationale de la France d’Outre-Mer mais dut démissionner pour raisons de santé un an après. Mais il poursuivit ses études de droit à Nancy puis à Paris, en travaillant pour payer ses études, obtenant la licence en juillet 1953, le doctorat en mai 1957 ; reçu à l’agrégation de droit public et de science politique en 1962, il fut alors professeur à la Faculté de droit d’Alger au lendemain de l’indépendance.
Engagé à la Jeunesse Etudiante Chrétienne dès 1944 et à la Fédération française des Etudiants catholiques depuis 1950, François Borella milita à partir de 1953 dans l’Association Générale des Etudiants de Nancy, étant président de la “ corpo ” de droit en 1954, puis de l’Association Générale en 1955. Représentant du courant minoritaire (“ mino ”), syndicaliste et anticolonialiste, il fut élu vice-président de l’UNEF, chargé des questions universitaires au congrès de 1955 de cette organisation encore dominée par les corporatistes .
La guerre d’Algérie exacerba l’opposition entre les deux courants de l’UNEF et mit celle-ci en crise. En octobre 1955 François Borella devint le premier président “ mino ” de l’UNEF mais dut démissionner au bout de quinze jours faute d’une majorité stable ; son successeur “ majo ” fut lui-même contraint à la démission en février 1956, François Borella devenant alors conseiller juridique de l’UNEF dirigée uniquement par les minos depuis le congrès d’avril 1956 ; il quitta cette fonction  en avril 1957, n’étant désormais plus étudiant , peu avant de publier (avec Michel de la Fournière, président de l’UNEF)  Le syndicalisme étudiant, historique et justification de l’orientation du syndicalisme étudiant depuis 1946.
Entre-temps, en marge de l’UNEF mais avec l’accord de son nouveau président et des minos, il organisa à Paris avec Jacques Julliard une “ Conférence nationale étudiante pour une solution du problème algérien ”, tenue en juillet 1956 avec  des représentants officieux de l’UGEMA, organisation étudiante du nationalisme algérien. Ses conclusions, publiées dans la revue Esprit en janvier 1957 se voulaient la préfiguration en miniature d’une négociation franco-algérienne .  Cela  valut à François Borella d’être en mai 1957 inculpé d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, mais acquitté en octobre 1958.
Assistant, puis chargé de cours à la faculté de droit de Nancy, jusqu’en 1962, il reprit son enseignement  à Nancy en 1966 jusqu’à 1990, après quatre années  à Alger, en qualité de professeur puis de président de l’Université de Nancy II (1973-1978) et directeur du département de science politique (1978-1988).
Adhérent à l’UGS en 1956, puis au PSU en 1960, il fut candidat de ce parti aux élections municipales et législatives à Nancy de 1968 à 1973. Proche de Michel Rocard, il adhéra en 1974 comme ce dernier au PS, dont il fut le candidat aux élections législatives en 1988, et aux municipales de 1983 à 1995 inclus, étant ainsi conseiller municipal d’opposition.
François Borella a été fait commandeur des Palmes académiques et officier dans l’Ordre du mérite.

Ecoutez son témoignage

Alain Monchablon

Cahiers du Germe n° 22/23/24 – 2002

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