11 NOVEMBRE 1940 : 80 ANS APRES. Transmettre et travailler la mémoire et l’histoire

FR_BDIC4D47RES_00111940_N06P001_02

Coll. La contemporaine

(Communiqué du Germe et de la Cité des mémoires étudiantes en conclusion de la visio-conférence du 10 novembre 2020).

Le 11 novembre 1940 a été le premier acte de résistance à l’occupant nazi ! Or, les témoins disparaissent alors que leur exemple encourage la flamme de l’espoir. Leur mémoire et l’histoire ne doivent pas s’éteindre, d’autant que la liberté, l’égalité, la fraternité ne sont jamais acquises une fois pour toutes, il faut sans cesse les défendre. 

Ensemble, associations d’anciens, mouvements étudiants et lycéens d’aujourd’hui, chercheurs, chercheuses et archivistes, avec l’appui des institutions publiques, doivent mettre en commun, dans le respect de leurs identités propres, leurs efforts et leurs moyens pour que l’histoire et la mémoire du 11 novembre 1940 demeurent vivantes.

Le 11 novembre 1940, bravant les interdictions de la préfecture de police et des autorités d’occupation, plusieurs milliers de jeunes sortant des lycées et des facultés en fin d’après-midi se rendent aux Champs-Elysées.

Inconscience du danger pour ces 2000 qui manifestent, violemment réprimés par les policiers français et les militaires allemands ? Ces jeunes hommes et femmes, ont de l’audace en tous cas. Passant outre les barrages, quelques-uns arrivent à déposer une gerbe sur la tombe du soldat inconnu. L’audace a ainsi vaincu une première fois.

C’est un agglomérat hétéroclite où l’on trouve des gaullistes, des communistes, des monarchistes mais surtout une majorité d’étudiantes et étudiants, lycéennes et lycéens sans affiliation particulière. Ce qui les rassemble c’est l’opposition à l’occupation, le refus de l’oppression. Cet amalgame étudiant et lycéen préfigure celui de la résistance. C’est le première acte public, ouvert, de résistance à l’occupant nazi !

Ces élèves du secondaire et du supérieur se placent ainsi « à l’avant-garde de la jeunesse française » ainsi que le rappelle en 1946 la charte de Grenoble. Ce n’est pas la première fois, ce n’est pas la dernière non plus, l’histoire en atteste, que la jeunesse des facultés et des lycées se lève contre les injustices, pour la dignité.

La liberté, l’égalité, la fraternité ne sont jamais acquises une fois pour toutes, elles sont sans cesse à défendre. Or, les acteurs, les actrices et les témoins qui ont porté haut et fort ces valeurs disparaissent alors que leur exemple encourage. Dès l’aube des années noires ces jeunes ont maintenu la flamme, la lueur de l’espoir. La mémoire et l’histoire de ce qu’elles et ils furent, de ce qu’elles et ils firent ne doivent pas s’éteindre. Il faut que chaque 11 novembre soit l’occasion de rappeler qu’il n’y a pas de fatalité, que la volonté d’agir peut déplacer des montagnes.

Le 11 novembre 1940 n’appartient, pas plus ce jour-là qu’aujourd’hui, à personne en particulier; il appartient à toutes et tous. Or, aujourd’hui, c’est de façon dispersée que chacun commémore l’évènement. Il est temps de suivre l’exemple donné il y a 80 ans par une jeunesse unie, même ponctuellement.

Un comité du 11 novembre 1940, par exemple, permettrait d’encourager la commémoration et l’étude historique, dans chaque établissement, dans chaque ville comme aux Champs-Elysées, à l’Etoile.

Ensemble, associations d’anciens, mouvements étudiants et lycéens d’aujourd’hui, chercheurs, chercheuses et archivistes, avec l’appui des institutions publiques, doivent mettre en commun, dans le respect de leurs identités propres, leurs efforts et leurs moyens pour que l’histoire et la mémoire du 11 novembre 1940 demeurent vivantes.

Pour le Germe et la Cité des mémoires étudiantes:

Ioanna Kasapi, Jean-Philippe Legois, Alain Monchablon, Robi Morder

Paris, le 10 novembre 2020

Pour aller plus loin:

Le dossier du 11 novembre 1940 sur le site du Germe. L’exposition 11 novembre 1940 du musée-de-la-résistance-en-ligne. Souscrire pour une édition du timbre du 11 novembre 1940.. Un atelier mémoires étudiantes autour de la commémoration en 1948 sur Youtube. Pour visiter la crypte de la Sorbonne où l’on commémore chaque année la résistance universitaire, voir le museocube de la Cité des mémoires étudiantes.

La conférence du 10 novembre 2020 sur Youtube.

 

Print Friendly, PDF & Email
(Comments are closed)