1986-2016, les 30 ans du mouvement Devaquet. Les états généraux de mars 1987.

etats-generaux-mars-1987En 1986, la question de la détermination des revendications «en positif» par la coordination se pose peu : la grève est limitée dans le temps, le mouvement a pris une ampleur et une place dans la conjoncture politique plus importante que le mouvement étudiant de 1976, le préalable à toute proposition nouvelle étant le retrait du projet Devaquet, le mouvement se concentre sur ce point. Toutefois, une fois le projet retiré, et c’est une chose nouvelle dans les mouvements étudiants, le problème reste posé et la coordination convoque des états généraux, déclarant qu’aucune négociation ne pourra avoir lieu avec le gouvernement avant leur tenue des états généraux. Preuve que la question des propositions préoccupe bien cette fois-ci l’ensemble des forces étudiantes d’autant qu’au lendemain du retrait, une fois le projet retiré, Monory déclare engager une vaste concertation sur l’avenir de l’enseignement supérieur.

Des commissions de la grève à une plate-forme pour une nouvelle université.

Au cours même du mouvement contre la réforme Devaquet le problème de plates-formes revendicatives se pose non seulement dans chaque université avec ses «comités» ou «commissions» de réflexion, mais avec le début de liens horizontaux entre ces comités, commissions en dehors de la coordination (peut-être d’ailleurs en raison du fait qu’à la différence de 1976 la coordination n’aborde guère le problème mais se contente d’inviter à la réflexion). «Dans la plupart des facs de France, des Commissions de réflexion se sont organisées spontanément pour faire l’analyse et la critique du projet de loi Devaquet […] pour prouver que les étudiants aussi ont des projets pour l’université de demain»[1].

Du procès-verbal de la coordination nationale du 2 décembre[2] il ressort qu’au Panthéon existent «d’autres propositions pour la constitution d’un autre projet», qu’une commission travaille identiquement à Assas, qu’à Bordeaux un «contre-projet» s’élabore en droit ainsi que dans deux IUT. Il en est de même à Lyon, Toulouse, Nîmes, Montpellier III où «une reflexion se poursuit avec efficacité sur l’ensemble des revendications positives». Le comité de grève de Saint-Denis déclare «le retrait du projet de loi ne suffit pas […] nous devons aller au delà»[3]. Yann Cochin, animateur du Comité de grève de Saint-Denis rappelle dans une interview, A Paris VIII, nous avons proposé de développer la réflexion dès les états généraux du 22 novembre. Puis, dans les coordinations, nous avons fait adopter des amendements pour développer la réflexion et organiser des colloques […] Et puis, l’enchaînement rapide des évènements a également freiné la réflexion […] Avec nos propositions de réflexion, il est vrai que nous étions souvent «en décalage» dans les coordinations»[4]. Au cours du mouvement se produit le même phénomène que dans les organisations syndicales : existence de commissions, collectifs, comités où l’on discute des analyses et des propositions, tandis que la coordination demeure un lieu où se discutent essentiellement les initiatives, les formes d’organisation, s’échangent les informations mais non les idées sur le contenu même des revendications et diverses analyses et plates-formes qui au même moment sont élaborées dans les commissions. Le même phénomène est visible à la base, où une dichotomie apparaît souvent entre les comités de grève et les commissions à l’échelle de l’Université, débouchant même comme à Jussieu sur un «conflit» entre le comité de grève qui veut contrôler les conclusions de la commission réflexion jugés «réformistes»[5].

Si dans la coordination de 1986 nous n’assistons pas aux débats que les coordinations précédentes, notamment celles de 1976, avaient connu autour de propositions de plates-formes, elle adopte à l’unanimité dès le 2 décembre 1986, une plate-forme nationale qui n’est ni une plate-forme purement négative, mais non plus une plate-forme «en positif» : elle concentre en quelques formules, sous forme de revendications, les valeurs d’égalité que le mouvement proclame. Cette limite est soulignée ultérieurement par la LEAS dans les débats de l’UNEF ID, intitulant un texte «de la défense des valeurs à celle d’un projet»[6]. Cette plate-forme de la coordination nationale sera pourtant considérée comme le début d’une élaboration de propositions revendicatives et pas seulement comme des principes à défendre. «La coordination nationale appelle les étudiants qui ont tous des idées sur le fonctionnement et les missions de l’Université à élaborer des propositions en vue d’une synthèse future pour étudier les perspectives de l’Université de demain» (Point 6 de la Coordination nationale du 6 décembre 1986). C’est sur cette base que la coordination nationale appelle les étudiants à préparer les Etats Généraux au printemps 1987. David Assouline et Sylvia Zappi précisent «Pour la majorité des délégués il est hors de question de maintenir la coordination […] alors qu’il n’y a plus de grève […] En revanche, la mobilisation unitaire et la vigilance doivent être maintenues, et il faut lancer un appel à des états généraux au mois de mars : c’est la position que défendront les délégués de Jussieu, Nanterre, Censier, Caen et Villetaneuse»[7].

Déjà, à l’Université de Saint-Denis, des «assises locales» se préparent sur «trois registres différents» : 1. Examiner le type d’exigences dont le mouvement est porteur, 2. Dégager un niveau local d’initiatives (celui de chaque université) à délimiter, 3. envisager un niveau national de propositions et de décisions». Le but n’est une réforme mais des mesures générales nécessaires[8].

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Préparation des EG à Tolbiac

Une compétition et ses enjeux : vers une nouvelle représentation étudiante unifiée, une nouvelle « grande UNEF » ?

Mais, au-delà de la «réflexion», des préoccupations plus tactiques apparaissent. La coordination dans le même mouvement convoque les états généraux «courant mars 1987», et affirme : «aucune concertation au nom de tout le mouvement étudiant n’est possible avant les états-généraux»Libération note d’ailleurs :: « L’UEC a jeté toutes ses forces dans une bataille […] afin de maintenir une structure nationale permanente […] maintenant que se profile le temps des négociations, les communistes craignent que l’UNEF ID […] ne devienne le porte-parole des étudiants. […]. Pour autant, l’UNEF ID n’aura pas les mains libres. La coordination a pris soin de lancer un appel à des états généraux de l’Université […] la motion précise qu’aucune négociation ne serait valable avant ces états généraux»[9]. Et dès le lendemain, du «contenu revendicatif», on passe à la compétition pour la légitimité de «l’héritage». Aussitôt la résolution votée et la coordination dissoute, une association se crée, « Matière grise » qui donné une conférence de presse le 11 décembre pour annoncer sa naissance. «On ne veut pas que l’après 86 soit l’après 68» (erge. Grosvak). Matière Grise est  optimiste. Persuadée de bien préparer son dossier, l’association ne doute pas d’être entendue par Monory»[10].

Désinvestis souvent des structures de direction et d’animation du mouvement durant la grève, les militants de l’UEC et de l’UNEF-se ont participé activement aux diverses commissions de réflexion et de propositions. Il est vrai qu’ils sont dotés d’une certaine culture «propositionnelle» ayant sa cohérence qu’on ne retrouve encore pas dans l’UNEF ID de 1986, encore imprégnée dans son habitus purement contestataire. C’est cette ressource «propositionnelle» que l’UNEF SE va tenter d’utiliser et valoriser lors des Etats généraux de 1987[11].

Encore faut-il noter le caractère ambigu de la prise de position de la coordination nationale : aucune structure n’est désignée pour préparer ces états généraux. L’UNEF-id paraît réticente, Sylvie Scherer, membre du bureau de la coordination nationale et membre de l’UNEF ID à Dijon, «dérobe», sur demande du Bureau national, la dernière motion appelant aux états généraux[12]. David Assouline réussit, à partir des notes et brouillons, à la recomposer[13]. Une partie de ceux qui adoptent cette position le font dans l’espoir de maintenir un cadre unitaire des étudiants débouchant sur une organisation unifiée, la « grande UNEF », une autre partie se replie sur cette proposition comme « moindre mal » par rapport à leur position initiale qui était le maintien de la coordination (qui aurait ainsi concurrencé les deux UNEF, mais surtout l’UNEF-id qui sort grande gagnante aux yeux des étudiants), et enfin une partie espère que cette initiative permettra enfin de relier mouvement unitaire et réflexion.  «L’objectif des états-généraux, avoir des points de repère pour savoir quelle université et quel type de formation nous voulons, dans quelle société. Mon objectif, dit Yann, c’est que nous pourrons en sortir avec des revendications précises»[14].

Dans ce contexte cette compétition ne se limite pas aux deux UNEF, d’autres acteurs et structures interviennent, d’abord «Matière grise», puis le «Comité de liaison national» préparant les Etats généraux.

En effet, derrière les «Etats généraux» décidés par la coordination nationale de 1986, des enjeux différents se dessinaient, menaçant en tous les cas la «représentativité» acquise par l’UNEF ID.  Mais dans la concurrence à l’UNEF id, il y a compétition. «Matière grise, association 1901, ne prétend pas imposer ses points de vue, ses réflexions et propositions. Au contraire, elle invite chaque université à créer en son sein ses propres commissions, dans la perspective des états généraux de mars 1987 […]. Un colloque est organisé les 16 et 17 janvier 1987 à Paris[15] .La proclamation de l’association aussi rapidement, si elle permet de construire une légitimité alternative à celle de l’UNEF ID, inquiète toutefois les partisans des états généraux, certains membres de l’UNEF ID, tendance LEAS, d’autres non organisés. Ces derniers vont faire en sorte que les Etats généraux soient  convoqués par un appel de comités de vigilance d’universités qui paraît à la veille du colloque «Matière Grise» colloque qui «s’est terminé dans la plus grande confusion, le bureau de l’association s’étant pratiquement scindé samedi soir. Motif : Matière Grise devait-elle soutenir ou non l’appel lancé par les étudiants de Saint Denis, Strasbourg et Nancy à tenir des assises préalables aux états généraux»[16].  « C’est sur cet appel que n’ont pas réussi à se mettre d’accord les responsables de Matière grise.  (…) A l’évidence, le choix de Saint-Denis n’est pas neutre : l’extrême gauche et l’UNEF-SE, proche des communistes, y sont les plus actifs, et la section de l’UNEF-ID est tenue par des militants du PCI (Parti communiste internationaliste) et de la Ligue communiste révolutionnaire. En arrière-plan se poursuivent donc les manoeuvres engagées depuis plusieurs semaines entre les différents courants politiques et syndicaux du milieu étudiant. »[17]

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« La motion de Nanterre ». Archives RM/Cité des mémoires étudiantes

La représentativité des Etats généraux en question

Partisans des Etats généraux comme de l’UNEF ID avaient intérêt à l’échec de Matière Grise, comme les adversaires de l’UNEF ID ont pu tabler autant sur le projet Matière Grise que sur les Etats généraux. Chassé-croisé des positionnements éloignés du contenu revendicatif officiellement proclamé, le problème étant celui de la légitimité et de la représentativité. Le Collectif national de l’UNEF ID, le 14 mars 1987, soutient les Etats généraux, mais précise qu’ils «ne doivent en aucun cas être l’objet de manoeuvres visant à accroître les divisions du mouvement étudiant, en particulier la création d’une nouvelle organisation étudiante»[18].

Un « comité de liaison national » se réunit à Paris VIII le 31 janvier 1987 avec deux cent trente délégués venus d’une cinquantaine de centres universitaires, et – après 20 heures de discussion – arrêtent  la date et le lieu des Etats généraux, ce sera les 27, 28 et 29 mars à Paris-VIII et Saint-Denis, et ‘un calendrier de préparation avec les 12 et 13 mars, des assises locales université par université (exemple de Tolbiac)et, enfin, d’une structure d’organisation.[19]. Dans les AG, des textes sont adoptés,  (ici exemple de Villetaneuse, « motion pour une réflexion constructive).

Les 7 et 8 mars, dans les mêmes lieux, c’est dernière réunion nationale de préparation. Trente heures de débat-marathon avec deux cents délégués de 60 centres universitaires.  Le dossier technique d’organisation des états généraux avait été prépare depuis un mois par les étudiants de Paris-VIII avec les deux universités co-organisatrices (Nancy II et Strasbourg) : transports, hébergement et repas, lieux de travail et secrétariat, sécurité et animation, toute l’organisation se met en place. Du « tour des facs » il ressort que la mobilisation demeure très faible, avec des assemblées générales de trente à cent étudiants (sauf Nice en grève). Le rapport financier expose qu’au lieu des 300 000 F espérés, à cette date, il y a à peine 20 000 F en caisse[20].

Aux Etats généraux eux-mêmes, la délégation de Nanterre soumet une «motion prélable» : «Au vu de la faible mobilisation et de la participation très minoritaire des étudiants […] les 33 délégués de Paris X ne sont représentatifs que d’eux-mêmes et de l’AG qui les a élus. Ils proposent aux états-généraux que ceux-ci ne s’autoproclament pas des Etats généraux du mouvement étudiant mais de reflexion sur l’université […] Au cas où cette motion préalable serait rejetée, les délégués de Nanterre se verraient dans l’obligation de ne participer à aucun vote»[21]. Posée en «préalable», cette motion provoque une hostilité d’autant plus grande qu’elle émane d’une université «réputée» dominée par l’UNEF ID. Or, aucun représentant de la majorité n’est délégué, les seuls membres de l’UNEF ID élus sont ceux de la minorité (voir liste avec mention des affiliations),  mais la rumeur a bien une fonction politique. Nous avons également vu la distinction entre une sensibilité plutôt «chartiste» chez  les partisans de la grande UNEF, appartenant au même courant mais accordant une priorité différente à l’une ou à l’autre question (« Pour le droit à la formation et l’emploi, pour des états généraux qui fassent franchir un pas au mouvement étudiant », texte adopté comme « charte » par l’AG de Nanterre). Mais catalogue ou charte, en l’absence de constitution d’une organisation, s’est posée à la fin des états-généraux la question de l’utilisation des résolutions revendicatives adoptées : il s’agissait au départ de définir une plate-forme qui serait ensuite discutée, négociée avec les pouvoirs publics Mais pour qu’il y ait négociation, il faut qu’il y ait représentation des étudiants.  «Le CLN dissout […] nous devons faire connaître au gouvernement les exigences, les revendications que nous avons formulées pendant ces trois jours. C’est pourquoi nous devons apporter très vite au ministère de l’Education nationale la plate-forme de nos Etats Généraux»[22]. Or,  aucune «délégation» n’est élue  devant le refus de la majorité des délégués devenus méfiants à toute «structuration artificielle» qui ne reposerait pas soit sur un véritable accord des organisations, soit sur une «unité réelle» à la base, soit une combinaison des deux éléments. Toutefois, au moment des mobilisations sur le budget de la rentrée 1987/1988, il est encore fait référence aux résolutions des Etats généraux. Ainsi, «La coordination pense que le contenu de la commission financement des Etats Généraux fondé sur les travaux des étudiants dans leurs assises locales et effectué de façon unitaire, est toujours d’actualité, et s’engage à la diffuser largement»[23]..

15 000 étudiants auront participé à la préparation des Etats généraux, soit bien plus que les adhérents actifs des trois syndicats étudiants, UNEF ID, UNEF SE et PSA. Un millier de délégués dont nombre d’animateurs de la grève sur leurs universités ou issus de la coordination nationale se retrouvent pour trois jours et quasiment trois nuits.  La dernière nuit, il reste encore 600 étudiants mettant la dernière main au fur et à mesure aux textes adoptés. Tous les aspects de la réalité universitaire et de la vie étudiante ont été passés en revue en commissions et en plénière. On retrouvait, dans toutes les commissions, les thèmes les plus mobilisateurs du mouvement contre le projet Devaquet. La « commission 13 » était consacrée à l’organisation du mouvement, et la question des perspectives était sous-jacente en permanence. Une texte. Un « projet de résolution grande UNEF » est rédigé notamment à l’initiative de militants de la LEAS. « Dès le soir de la seconde journée, […] M. Philippe Darriulat, président de l’UNEF-ID (proche des socialistes), faisait une offre spectaculaire aux deux autres organisations étudiantes, l’UNEF-SE (proche des communistes) et PSA (autogestionnaire). Pour préserver l’unité qui avait fait merveille il y a quatre mois, il a en effet appelé à « dépasser les clivages d’organisation « pour travailler ensemble à la base et reconstruire une seule UNEF, un peu sur le modèle du syndicat étudiant des années 60. La réponse de l’autre UNEF a été immédiate : « Poser la question de la réunification comme préalable, c’est la poser en termes d’appareil « et en rupture avec le sentiment de la grande majorité des étudiants. Et la réplique des étudiants indépendants de ces deux organisations a été encore plus sèche : « Nous ne sommes pas venus ici pour assister à des jeux d’appareil et pour que les uns et les autres se comptent sur notre dos. L’unité ne se décrète pas, elle se réalise patiemment et concrètement dans le quotidien «, a ainsi déclaré M. Yann Cochin, l’un des leaders du mouvement à Paris-VIII, l’université qui organisait les états généraux »[24].

Un programme adopté, sans organisation pour le porter : Les UNEF ramassent la mise

L’UNEF solidarité étudiante, qui pendant toute la durée des états-généraux déclarait qu’il s’agissait de revendiquer, non de créer une nouvelle structure ou une nouvelle organisation syndicale, en tire lors de son congrès de novembre 1987 les leçons suivantes : il faut une organisation pour défendre les revendications des états généraux, les états généraux n’en ont pas constitué (et pour cause…) donc il faut… renforcer et construire l’UNEF SE. Nous en revenons en réalité, malgré des discours «autogestionnaires», à la conception de la «consultation» qui amène des étudiants non-syndiqués à… élaborer les plates-formes des organisations syndicales ce qui permet à ces dernières d’en tirer une légitimité supplémentaire. «Qu’est-ce que le travail (des) états généraux sinon une mise en pratique d’une grande démarche syndicale ? […] Ne s’étant pas dotée d’une structure nationale et efficace (..) nous devons donner aux étudiants les moyens d’aboutir sur les revendications que nous avons élaborés ensemble […] nous ferons la démonstration à tous les étudiants que l’UNEF est bien le syndicat dont ils ont besoin»[25].

Les «Etats Généraux» de mars 1987, la majorité de l’UNEF ID n’en voulait, à l’inverse de sa minorité, ni d’abord la tenue, ni ensuite le succès. Les «coups» réciproquement tentés avaient une signification plus «implicite» qui n’allaient se révéler qu’au congrès de l’UNEF ID deux mois plus tard dans la discussion sur le rapport d’activité. En effet, devant un public composé de membres de l’UNEF SE et de non syndiqués le Président de l’UNEF ID ne pouvait s’attaquer en mars 1987 à sa minorité accusée de «tentative de contourner l’organisation syndicale», pas plus qu’il n’était facile à la minorité de dénoncer explicitement dans ce même contexte le discours sur l’unité syndicale de Philippe Darriulat comme n’étant qu’un discours contredit par la pratique, d’autant que ces deux composantes du même syndicat étaient confrontées à ce qu’ils caractérisaient en commun comme «manoeuvres» et «manipulations» de la part de l’UNEF SE et du «bureau» des Etats Généraux.

Le congrès de l’UNEF ID se tient en mai 1987, elle est la grande bénéficiaire du mouvement de novembre-décembre renforcée de 4000 adhérents nouveaux consolide sa première place. L’UNEF SE qui avait « loupé le coche » à l’automne, s’était remise en selle avec les Etats généraux du printemps sans cependant inverser la tendance.En dehors des milliers de miltants issus du mouvement, toujours disponibles début 1987 ne trouvent pas de cadre adéquat. Ainsi le paysage syndical ne sortait en rien restructuré de la plus forte mobilisation étudiante depuis 1968. En 1989 – effet pervers de la « Loi Jospin » – naît une nouvelle organisation, la FAGE. Il faudra attendre la fusion « à froid » de 2001 pour voir sortir des deux UNEF une seule UNEF réunifiée.

[1] Sorbonnes Nouvelles N° 2, 4 décembre 1986.

[2] David Assouline et Sylvia Zappi, Notre Printemps en hiver, Paris, La Découverte, pp. 80 et s.

[3] Pascal Boumard, Rémi Hess et Georges Lapassade, L’université en transes, Syros, 1987, p. 47.

[4] Nouvelles Pratiques (journal de la Fédération de la gauche alternative.), N° 3, janvier 1987. Voir le numéro intégral.

[5] Entretien avec des étudiants de Jussieu, 1987.

[6] Déclaration de la tendance LEAS au Collectif national de l’UNEF ID, mars 1988.

[7] David Assouline et Sylvia Zappi, op. cit.  p. 132.

[8] Guy Coq, «Après le mouvement de novembre 1986 : propositions pour un débat», dossier « Pour changer l’Université », N° 82 de Raison Présente, 2ème trimestre 1987, p. 97.

[9] Le Matin, 13 et 14 décembre 1986

[10] Libération 12 décembre 1986.

[11] Cela évoque 1968 avec l’investissement important des militants du Parti communiste aux «commissions».

[12] Sylvie Scherer me l’avait indiqué dans le cadre de la préparation de mon mémoire de DEA, et en a témoigné à nouveau lors des journées archives et mémoires étudiantes et des rencontres AAUNE-Cité-Germe de novembre et décembre 2016.

[13] Entretien avec David Assouline, 1988.

[14] L’Humanité 13 mars 1987.  Yann Cochin était un des animateurs de la grève de Paris VIII Saint-Denis, du courant des « alternatifs » et indépendant de l’UNEF ID comme de l’UNEF SE. Les «alternatifs» donnent la priorité à l’ activité «propositionnelle». Voir FGA, Eléments pour une politique alternative à l’Université, brochure du cercle inter-facultés de la Fédération pour une gauche alternative, novembre 1986.

[15] L’Humanité, 22 février 1987.

[16] Le Matin, 19 janvier 1987.

[17] « Le colloque de Matière grise à la Sorbonne Laborieuses retrouvailles » Le Monde, 20 janvier 1987.

[18] Dossiers de l’UNEF N° 105, mars 1987.

[19] « La préparation des états généraux étudiants Embrouilles et magouilles ». Le Monde, 3 février 1987.

[20] « La préparation des états généraux étudiants Trente heures pour un « statu quo ». Le Monde, 10 mars 1987.

[21] Assemblée générale du 13 Mars 1987.

[22] «Commission 13», («perspectives»), brochure des Etats généraux.

[23] L’Humanité 7 décembre 1987.

[24] « Les états généraux étudiants « L’unité ne se décrète pas… ». Le Monde, 31 mars 1987.

[25] Texte préparatoire au 72ème congrès, UNEF SE, Saint-Etienne, novembre 1987.

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