Vient de paraître : Autonomie en mouvements : revendications syndicales et mobilisations étudiantes

COUVERTURE AUTONOMIEDisponible auprès du Germe ou de la Cité des mémoires étudiantes (25 €). Le dernier livre de la collection Germe est coordonné par Aurélien Casta et Emmanuel Porte. Pour le commander, télécharger la fiche de présentation. Après avoir été présente le 24 juin 2015 à l’occasion des 20 ans du Germe à la Maison des initiatives étudiantes (Labo 13), une nouvelle DATE A RETENIR POUR UNE PRESENTATION AVEC LES AUTEURS le 23 septembre 2015 à Nanterre de 17 h 30 à 19 h 30 (voir agenda)

SOMMAIRE : Avant propos (J-P. Legois, A. Monchablon, R. Morder, GERME). Présentation, de l’autonomie dans le mouvement étudiant aux mouvements de l’autonomie (A. Casta, E. Porte). I/ L’autonomie comme revendication. « L’autonomie » : octroyée, conquise, mise en cause (R. Morder). La MNEF ou l’autonomie à la dérive. (C. Argibay). Retour sur le premier projet d’allocation d’études de l’UNEF, 1945-1950. (A. Casta). II/ L’autonomie comme mobilisation. Autonomie et mouvement étudiant dans les années 1968. (J.P. Legois).  Une autonomie instituante et instituée: Limoges 1998-2010. (V. Enrico). Le militantismes étudiant: un monde à part mis en scène dans les assemblées générales: 2006-2010; (J. Le Mazier). III/ L’autonomie comme norme. De l’allocation d’études à l’allocation d’autonomie. (E. Porte) . L’autonomie étudiante vue par la CGT et la CFDT (R. Vila). Les organisations étudiantes et la question de l’autonomie par l’emploi exercé. (V. Pinto).. Le service civique, négation du statut de travailleur ? ((F. Ihaddadene). Eclaiage L’autonomie, une catégorie d’action publique contemporaine de l’institutionnalisation de la jeunesse (Francine Labadie, coordinatrice de la mission Observation/évaluation à l’INJEP, ministère de la Jeunesse et des Sports).

LES AUTEURS. Réunis par le Germe, les auteurs de plusieurs disciplines (sociologie, science politique, histoire, sciences de l’éducation), appartenant à divers collectifs de recherche et travaillant aussi bien à Paris qu’en région ont exploré en dix contributions – illustrées par des documents et une iconographie inédits issus des fonds de la Cité des mémoires étudiantes – les diverses facettes de cette « autonomie » tant évoquée, mais plus rarement connue. Camilo Argibay (Labex COMOD, Université de Lyon) et Germe, Aurélien Casta (Laboratoires IDHES, Université Paris-Ouest Nanterre la Défense), CLERSE (Université de ‘Lille) et Germe, Vincent Enrico (Laboratoire FRED, Université de Limoges), PREFASS et Germe, Florence Ihaddadene (Laboratoire IDHES, Université Paris Ouest Nanterre La Défense), Jean-Philippe Legois président de la Cité des mémoires étudiantes, et Germe, (associé au Centre d’histoire de Sciences-Po Paris), Julie Le Mazier (CESSP-CRPS, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Germe , Robi Morder (président du Germe, Université de Versailles Saint-Quentin), Emmanuel Porte (INJEP) et Germe, Romain Vila (Laboratoire Triangle CNRS ENS IEP de Lyon) et Germe, Vanessa Pinto (CEREP, Université de Reims Champagne-Ardenne) et Germe.

PRESENTATION GENERALE : En France, dans le débat public autour de la jeunesse et des étudiants, le terme d’autonomie a fait l’objet de nombreuses références depuis une vingtaine d’années, tout à la fois pour dire les aspirations de ces deux groupes sociaux et rassembler un ensemble d’organisations autour d’actions favorisant leur entrée dans l’emploi, dans les études ou le bénévolat. Objet traditionnel de controverses philosophiques et conceptuelles, l’autonomie est de plus en plus régulièrement discutée sur un terrain proprement politique. D’une part, avec les jeunes, les étudiants et leurs organisations se sont mis à produire une réflexion en terme d’autonomie. D’autre part, l’usage se multiplie à destination d’autres publics (personnes en emploi mais aussi chômeurs et personnes âgées), au point qu’on a pu en faire l’un des termes-clés du nouvel esprit du capitalisme et de l’Etat social actuel. C’est ainsi principalement dans une perspective d’analyse socio-politique que se situent les différentes contributions de cet ouvrage sur l’autonomie en confrontant les revendications et les mobilisations construites par les étudiants et leurs organisations (syndicats, associations, assemblées générales, …) aux normes construites au sein des arènes de politiques publiques.

En rassemblant des travaux (issus pour partie d’une journée d’études organisée à Lyon) qui « donnent la parole » aux étudiants et à leurs organisations et qui pensent l’autonomie de façon plus collective qu’individuelle, de façon relationnelle et intersubjective, l’ouvrage est organisé autour de trois entrées thématiques selon une ligne en grande partie chronologique, et rappelle ainsi que les étudiants se sont intéressés à cette idée avant que les décideurs politiques et leurs partis ne s’en emparent.

La partie 1 revient ainsi sur l’immédiat après-guerre et sur les revendications que portait l’UNEF, alors principal syndicat étudiant, sur les œuvres sociales, l’allocation d’études et la mutuelle créée en 1948 à l’occasion de l’extension aux étudiantes et étudiants des prestations maladie du régime général de la sécurité sociale. Elle met en évidence un projet syndical d’ensemble consistant à assurer conjointement une sécurité matérielle aux individus et à créer les conditions institutionnelles d’une démocratisation d’ensemble de l’enseignement supérieur dans laquelle étudiantes et étudiants auraient toute leur place. Le projet étudiant de démocratisation se manifeste aussi dans les mobilisations comme le montrent les contributions de la partie 2 qui portent quant à elles sur les formes de prise de décision adoptées, non sans liens avec mai 1968, par les mouvements universitaires des années 2000. L’assemblée générale et l’université populaire constituent ainsi des lieux en perpétuel mouvement, à la fois ponctuels et régulièrement organisés selon des règles parfois particulièrement prescrites. On s’apercevra que ces lieux entretiennent également des rapports ambigus avec l’institution universitaire et les corporations des personnels de l’enseignement supérieur. Elles apparaissent ainsi aux acteurs comme l’expression d’une autonomie de la mobilisation étudiante dont il faut comprendre les ressorts s’ils veulent réellement s’y impliquer.

La partie 3 analyse un autre aspect des ambiguïtés de l’autonomie en se centrant sur la perméabilité relative des désormais multiples organisations étudiantes aux normes construites et véhiculées dans les différentes sphères de l’action publique. L’analyse des trajectoires de la revendication d’ « allocation d’autonomie » à l’UNEF et dans les confédérations syndicales, l’observation des politiques en faveur de l’emploi étudiant ou du service civique mettent ici au jour un ajustement à l’agenda public des revendications défendues traditionnellement par les étudiants et leurs organisations. Les contributions rassemblées dans cette partie montrent également que les différentes organisations semblent inégalement conscientes de cette dynamique et plus ou moins décidées à y résister mais qu’elles peuvent aussi nouer dans les nouvelles arènes de la décision politique des alliances avec les confédérations syndicales et les défenseurs de la démocratisation de l’enseignement.

 

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Un commentaire

  1. […] Étudier les mouvements étudiants  […]

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